Nairobi accueille depuis ce lundi l’ouverture officielle de l’« Africa Forward Summit », un sommet diplomatique et économique coorganisé par le Kenya et la France, en présence du président français Emmanuel Macron, du président kényan William Ruto et de plus de trente chefs d’État africains. Ce rendez-vous stratégique, présenté comme une nouvelle étape dans les relations entre l’Afrique et la France, rassemble également près de 4 000 délégués issus des secteurs public et privé autour des enjeux de financement, d’innovation, d’industrialisation et de gouvernance mondiale.
Parmi les dirigeants africains les plus attendus figure le président ivoirien Alassane Ouattara, dont la participation illustre le rôle croissant de la Côte d’Ivoire dans les grandes discussions économiques du continent. Dès son arrivée à Nairobi, le chef de l’État ivoirien s’est entretenu avec son homologue kényan afin de renforcer les relations bilatérales entre Abidjan et Nairobi. Les deux dirigeants ont notamment évoqué l’ouverture prochaine d’une ambassade ivoirienne au Kenya et la finalisation d’un accord-cadre de coopération destiné à intensifier les échanges commerciaux et économiques entre les deux pays.
Au cœur de l’agenda ivoirien figure la réforme de l’architecture financière internationale, un sujet que la Côte d’Ivoire défend activement depuis plusieurs années au sein des instances africaines et internationales. Alassane Ouattara souhaite plaider pour un meilleur accès des États africains aux financements durables afin d’accélérer leur transformation économique et sociale. Le président ivoirien estime également nécessaire de renforcer la coopération entre les différentes régions africaines afin d’accroître les échanges intra-africains et le niveau des produits nationaux bruts du continent.
Le sommet, qui se déroule au Kenyatta International Convention Centre et à l’Université de Nairobi, aborde plusieurs thématiques majeures telles que la transition énergétique, l’intelligence artificielle, la souveraineté alimentaire, la santé, l’économie bleue et l’emploi des jeunes. Les organisateurs ambitionnent de faire émerger des engagements concrets en matière d’investissement et de développement, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la crise du multilatéralisme.
En marge des travaux, Alassane Ouattara a également multiplié les rencontres diplomatiques avec plusieurs chefs d’État africains, notamment ceux du Botswana, du Gabon et du Liberia. Ces échanges ont porté sur la consolidation des relations de coopération ainsi que sur les enjeux sécuritaires et économiques du continent. Le président ivoirien a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’inscrire les questions de paix, de sécurité et de stabilité au centre des discussions du sommet.
L’« Africa Forward Summit » doit s’achever le 12 mai par l’adoption d’une Déclaration de Nairobi portée conjointement par Emmanuel Macron et William Ruto. Ce document devrait définir de nouvelles orientations pour les partenariats économiques entre l’Afrique et la France et alimenter les préparatifs du prochain G7 prévu en juin 2026 à Évian. Pour la Côte d’Ivoire, ce sommet représente une tribune majeure pour défendre sa vision d’une Afrique mieux financée, plus intégrée et davantage représentée dans les mécanismes de gouvernance mondiale.
Philippe AKOUA