Cocody : le livreur Yango assassiné identifié, quatre suspects aux mains de la BRI Nord

Rédigé par Ange Pascal le Mardi 14 Juillet 2026 à 20:58 | Lu 2 fois


De nouveaux éléments permettent de retracer le déroulé de l'agression mortelle dont a été victime, dans la nuit du 13 juillet 2026, un coursier de la plateforme Yango à Cocody. Trois assaillants l'auraient poursuivi puis frappé à l'arme blanche avant de fuir avec sa moto. Quatre personnes ont depuis été interpellées, dont l'auteur présumé des coups mortels.


Un livreur Yango tué dans une attaque filmée par vidéosurveillance
 

L'affaire, qui avait suscité une vive émotion à Cocody dès son annonce, se précise. Selon des informations recoupées, la victime a pu être identifiée : il s'agit de Koné Mamadou, livreur pour la plateforme Yango depuis environ quatre mois, père de deux enfants. Ne disposant pas de moto personnelle, il en louait une pour exercer son activité.

D'après les récits, les faits se sont déroulés un peu après 3 heures du matin dans le quartier Les Vallons, à Cocody, non loin de l'école Henry Poincaré. Alors qu'il effectuait l'une de ses courses, Koné Mamadou aurait été pris en chasse par trois individus circulant également à moto. Rattrapé, il aurait été poignardé à plusieurs reprises avant que ses agresseurs ne prennent la fuite avec son deux-roues, le laissant grièvement blessé sur place. Il n'a pas survécu à ses blessures.
Une enquête remontant jusqu'à un réseau de recel

Selon « Police Secours », consacrée à l'action de la Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI) Nord, les enquêteurs de la BRI Nord se sont rapidement rendus sur les lieux et ont exploité plusieurs éléments techniques ainsi que les images de vidéosurveillance disponibles. Ce travail les aurait orientés vers une piste du côté d'Abobo, où opérerait un réseau spécialisé dans le recel de motos volées — un fil qui aurait permis, de proche en proche, de remonter jusqu'aux auteurs présumés de l'agression.

Ce que l'on sait des personnes interpellées B. K., dit « Kapi » — premier interpellé, présenté comme le receleur ayant acquis la moto de la victime pour 100 000 FCFA avant de la revendre 180 000 FCFA. B. D. — second receleur, à qui la moto aurait été revendue, interpellé à son tour. S. S., alias « Gnaimairai » — présenté comme le chef du groupe ; il se serait reconnu sur les images de vidéosurveillance comme étant l'auteur des coups de couteau mortels. Il serait un récidiviste, sorti de prison huit mois plus tôt après une précédente condamnation pour des faits similaires visant des livreurs. T. B., alias « Gazo » — décrit comme le conducteur de la moto utilisée par le groupe lors de ses agressions. P. C. — un troisième assaillant présumé, toujours activement recherché à ce stade.

Toujours selon cette source, plusieurs pièces à conviction auraient été saisies au cours de l'opération : la moto de la victime, un couteau et un arrache-clou. Les quatre personnes interpellées devraient, sauf nouvel élément, être présentées au parquet dans les prochains jours.

« Un drame qui relance, une fois de plus, l'inquiétude d'une profession de plus en plus exposée aux agressions ciblant motos, téléphones et recettes du jour. »
Un phénomène récurrent visant les livreurs et chauffeurs VTC

Au-delà de cette affaire, le cas de Koné Mamadou relance la question, déjà ancienne, de la sécurité des coursiers et chauffeurs de plateformes à Abidjan, souvent seuls sur la route, parfois de nuit, et exposés à des agressions visant leur véhicule, leur téléphone ou leur recette. Des faits similaires ont été rapportés ces derniers mois dans plusieurs communes du district, notamment à Angré, Anyama ou Yopougon.

Face à cette insécurité récurrente, des plateformes comme Yango avaient déjà multiplié, par le passé, des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière et personnelle auprès de leurs partenaires livreurs. Ce nouveau drame relance le débat sur l'efficacité de ces dispositifs et sur l'accompagnement — social, juridique — dont peuvent bénéficier ces travailleurs indépendants en cas d'agression.
 
Un test pour la démocratie sénégalaise

Au-delà de la saga politique personnelle, ce recours constitutionnel est un test important pour les institutions sénégalaises. Le Sénégal s'est toujours distingué dans l'espace ouest-africain par la solidité relative de son État de droit, le respect de ses décisions de justice et la capacité de ses institutions à fonctionner de manière autonome. Le fait qu'un président en exercice utilise les voies légales pour contester une réforme, plutôt que de bloquer par décret ou de provoquer une crise institutionnelle ouverte, est en soi un signe de maturité démocratique.
Mais ce recours soulève aussi une question fondamentale pour la gouvernance du pays : comment le Sénégal peut-il réformer ses institutions de manière cohérente et efficace si les deux têtes de l'exécutif ne s'accordent pas sur les orientations fondamentales de ces réformes ? La réponse du Conseil constitutionnel, attendue dans les prochaines semaines, sera déterminante pour la suite du mandat de Faye et pour la trajectoire politique de l'ensemble du mouvement Pastef.
 
AP
Ange Pascal — Rédaction Abidjan4All.netJournaliste


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