Drame de Liboli : à Grand-Lahou, la Première Dame Dominique Ouattara au chevet des familles endeuillées
Le village de Liboli, dans le département de Grand-Lahou, porte encore les stigmates d'une tragédie qui a endeuillé toute une communauté. Selon les récits concordants publiés par plusieurs médias ivoiriens, une pirogue transportant des habitants revenant d'une plantation de manioc, sur une île située de l'autre côté de la lagune Tagoua, a heurté un tronc d'arbre avant de chavirer. Le bilan humain est lourd : une dizaine de morts, parmi lesquels une femme enceinte et un bébé, ainsi que plusieurs rescapés recueillis dans les heures qui ont suivi le drame.
C'est dans ce contexte de deuil que la directrice de cabinet de la Première Dame, Sylvie Yao Patricia, s'est rendue à Liboli à la tête d'une délégation, pour transmettre les condoléances et le soutien de Dominique Ouattara aux familles des victimes. Un appui financier de 15 millions de FCFA a été remis aux populations sinistrées, une aide destinée à soulager, au moins matériellement, une communauté frappée de plein fouet par la disparition brutale de plusieurs de ses membres.
« Elle apporte son assistance, sa compassion et son secours à toutes les personnes. Lorsqu'elle a appris avec une profonde tristesse le drame de Liboli, où de jeunes femmes et de jeunes garçons partis chercher du manioc pour améliorer leur quotidien ont trouvé la mort dans les eaux, elle m'a immédiatement demandé de venir vous transmettre son soutien, ses salutations et ses sincères condoléances », a déclaré la représentante de la Première Dame, au nom de celle-ci, devant les autorités administratives, les élus locaux et les chefs traditionnels réunis pour l'occasion.
Cette visite de compassion s'inscrit dans une tournée de solidarité plus large, menée depuis plusieurs semaines par l'épouse du chef de l'État en faveur des populations touchées par des catastrophes à travers le pays. La saison des pluies, particulièrement intense cette année, a en effet multiplié les drames : inondations, éboulements et naufrages se sont succédé dans plusieurs régions, endeuillant de nombreuses familles ivoiriennes et alimentant les inquiétudes sur l'état des infrastructures de sécurité, notamment fluviales et lagunaires.
Au-delà du geste de solidarité, le drame de Liboli remet sur le devant de la scène une question récurrente dans les zones rurales et lagunaires de Côte d'Ivoire : celle de l'absence, dans de nombreux villages, de moyens de transport fluviaux sécurisés et homologués. Les pirogues de fortune, souvent seul moyen de liaison entre les villages et les zones de cultures situées de l'autre côté des cours d'eau, continuent d'être utilisées faute d'alternative, exposant les populations riveraines à des risques que les autorités locales peinent encore à endiguer durablement.
Sur place, les autorités administratives ont salué la réactivité de la Fondation Children of Africa et de la Primature, tout en appelant à un renforcement des dispositifs de prévention le long des voies lagunaires du département. Les populations de Liboli, elles, tentent, avec le soutien des cadres originaires de la région et des associations locales, de retrouver un semblant de normalité, tout en pleurant leurs disparus.
Ce drame vient s'ajouter à une série de catastrophes liées aux intempéries recensées depuis le début de la saison des pluies en Côte d'Ivoire, un bilan qui a été qualifié de « particulièrement élevé » par les autorités compétentes, dans un contexte de dérèglement climatique de plus en plus prégnant sur le littoral et les zones lagunaires du pays.