Le mois de juillet 2026 restera comme l'un des plus meurtriers sur les routes ivoiriennes de ces dernières années. Le drame le plus lourd s'est produit le mercredi 15 juillet, lorsqu'un car assurant la liaison Odienné-Yamoussoukro pour le compte de la compagnie « Diarra Transport » a fini sa course dans le fleuve Bafing, entre les localités de Touba et de Biankouma, dans le Nord-Ouest du pays. Le bilan, l'un des plus lourds jamais enregistrés sur les routes ivoiriennes, s'est élevé à 39 morts et 45 blessés, sur un total de 91 personnes présentes à bord d'un véhicule dont la capacité maximale autorisée était pourtant de 69 places.
Ce mercredi 29 juillet 2026, soit exactement deux semaines après le drame, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Touba a communiqué les premiers éléments de l'enquête ouverte à la suite de cet accident. Deux informations judiciaires distinctes ont été ouvertes et ont débouché sur le placement sous mandat de dépôt de deux personnes : Inza Diarrassouba, 47 ans, propriétaire du véhicule accidenté, et Daouda Sylla, 59 ans, chef de gare de la compagnie Diarra Transport à Odienné. Les deux hommes ont été entendus par le parquet respectivement les vendredi 24 et mardi 28 juillet 2026, avant d'être placés en détention dans l'attente de la suite de la procédure.
L'accident du 15 juillet n'est malheureusement pas un cas isolé. Selon les données recensées par le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) et l'Office national de la protection civile (ONPC), une quinzaine d'accidents graves ont été enregistrés sur les routes ivoiriennes en moins d'un mois, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes. Le 21 juillet, la sortie de route d'un tricycle à Guiglo a fait deux morts. Quatre jours plus tard, le 25 juillet, un autocar de 70 places est sorti de la route sur l'autoroute du Sud, faisant deux morts confirmés et cinq blessés graves parmi 52 personnes présentes à bord.
Ces accidents à répétition, qui touchent particulièrement les axes reliant les zones rurales du pays, sont régulièrement attribués par les autorités à une conjonction de facteurs : la saison des pluies, qui dégrade la visibilité et l'état de la chaussée ; l'état parfois précaire des infrastructures routières elles-mêmes ; et le comportement de certains usagers et transporteurs, notamment la surcharge récurrente des véhicules de transport en commun, un phénomène directement pointé du doigt dans le dossier de Touba-Biankouma, où le nombre de passagers dépassait largement la capacité autorisée du car.
L'ouverture de ces deux informations judiciaires marque une étape dans un dossier qui avait suscité une vive émotion nationale et la réaction des autorités au plus haut niveau au lendemain du drame. Elle intervient alors que la question de la sécurité routière, et en particulier celle des transports en commun interurbains, s'impose de nouveau comme une préoccupation majeure de santé publique en Côte d'Ivoire, à l'approche de la saison des grandes migrations estivales et des célébrations du 66e anniversaire de l'Indépendance, période traditionnellement marquée par une forte intensification du trafic routier à travers le pays.
Ange Pascal - Rédaction abidjan4all