Prenant la parole au nom de la délégation parlementaire, l’honorable Antoni Gorou a expliqué que cette mission vise à comprendre les causes profondes de l’exportation frauduleuse du café et du cacao vers les pays voisins. "Il s’agit pour nous de recueillir les doléances des producteurs, d’identifier les acteurs impliqués dans ce trafic, et de faire un rapport exhaustif au président de l’Assemblée nationale", a-t-il précisé. Cette démarche, selon lui, permettra de proposer des mesures structurelles afin de protéger non seulement les produits agricoles, mais surtout les producteurs, piliers de l’économie ivoirienne. Il a ensuite exhorté les planteurs à collaborer étroitement avec les autorités locales pour éradiquer ce phénomène, précisant que le trafic illégal constitue une menace pour la filière toute entière.
Du côté des planteurs, la parole a été portée par Raphaël Kouangoua Tiémoko, secrétaire général des planteurs de Zouan-Hounien. Selon lui, les principales causes de ce fléau sont liées à la précarité des conditions de vie des producteurs, à l’état déplorable des routes rurales et au manque d’appui de l’État. "Même si l’axe principal est bitumé, nos zones de production sont enclavées. Le transport des récoltes est un calvaire", a-t-il souligné. Il a également pointé du doigt l’insuffisance de financement des coopératives agricoles et la nécessité d’une amélioration durable de la Couverture Maladie Universelle pour les populations rurales. Les producteurs présents ont, dans l’ensemble, exprimé leur lassitude face à une situation qui perdure. Ils ont demandé des réponses concrètes de la part de l’État, plaidant pour une approche multisectorielle, à la fois sécuritaire, sociale et infrastructurelle.
Le préfet Moussa Dao a quant à lui, réitéré ses remerciements à l’Assemblée nationale pour cette initiative qu’il juge salutaire. " Ce genre de mission permet de retisser le lien entre les élus de la nation et les populations rurales. Il est important d’en assurer la continuité pour le bien de notre économie et de nos territoires", a-t-il reconnu, tout en réaffirmant son engagement personnel à poursuivre les actions de sensibilisation contre ce trafic. Cette rencontre a ainsi permis d’ouvrir un dialogue direct entre décideurs et acteurs du terrain. Tous s’accordent sur un point : seule une synergie d’actions permettra de mettre fin au trafic illégal du café et du cacao, et de garantir un développement durable aux producteurs de Zouan-Hounien.
Source: ivoir24.net