Paris (stade Charléty), mardi 2 juin 2026. Il y avait déjà un parfum de Coupe du monde autour de ce stade du 13e arrondissement. Drapeaux orange-blanc-vert déployés dans les tribunes, chants en dioula et en français entremêlés, selfies à tout-va avec les joueurs aperçus à travers les grilles — la diaspora ivoirienne de Paris avait massivement répondu présent pour accompagner les Éléphants lors de leur toute dernière séance d'entraînement avant de rejoindre Nantes. L'ambiance, chaude et studieuse à la fois, a donné à cette après-midi une dimension qui dépassait largement le cadre d'une session d'entraînement ordinaire.
Ce mardi 2 juin marque en effet une étape charnière dans la préparation de la sélection nationale ivoirienne. Jeudi 4 juin à 21h10, les hommes d'Émerse Faé affronteront l'Équipe de France en match de préparation au stade de la Beaujoire de Nantes, un rendez-vous de prestige diffusé en direct sur TF1. Puis, rapidement, cap sur l'Amérique du Nord : la Coupe du monde 2026 débute le 11 juin et la Côte d'Ivoire entre en lice dès le 15 juin à Philadelphie face à l'Équateur.
Une séance sérieuse, un groupe libéré
Sur le rectangle vert de Charléty, pas question de relâchement. Les observateurs présents ont pu constater un groupe concentré, engagé, mais visiblement détendu. Émerse Faé, à la baguette comme à son habitude, a alterné les ateliers tactiques, les séquences de pressing collectif et les oppositions à haute intensité. Le sélectionneur, natif de Nantes, formé aux Canaris, comme son homologue français Didier Deschamps, connaît par cœur le terrain de la Beaujoire. Un détail symbolique qui n'a pas échappé aux suiveurs de la sélection, et que le président de la FFF Philippe Diallo avait lui-même souligné lors de l'annonce du match, en mars dernier depuis Abidjan.
On a surtout observé un sélectionneur qui insiste sur trois axes : la compacité défensive, les transitions rapides en contre-attaque et la liberté dans les couloirs offensifs. Une philosophie de jeu qui colle aux profils des joueurs dont il dispose, à commencer par les ailiers Amad Diallo (Manchester United) et Simon Adingra, capables de faire la différence en un contre un. Franck Kessié, au cœur du milieu, donnait le tempo avec cette autorité tranquille qui le caractérise en sélection.
La diaspora, douzième homme en titre« C'est un match important parce que c'est un retour à Nantes. Ca fait 15 ans que j'ai quitté le club en tant que joueur. Y aller pour jouer contre la France de Didier Deschamps, un ancien du FC Nantes aussi, je pense que ca fait plaisir pour une préparation pour la coupe du monde. C'est un moment qui restera gravé dans ma mémoire. »
Émerse Faé, sélectionneur de la Côte d'Ivoire — 2 juin 2026
Autour de la pelouse, ils étaient des dizaines à scruter chaque passe, chaque accélération, chaque échange entre joueurs. Certains avaient fait le déplacement depuis la banlieue parisienne, d'autres depuis des villes plus lointaines. Tous partageaient la même impatience fébrile : voir de près les Éléphants, ces joueurs dont les noms résonnent dans les foyers ivoiriens de France depuis des mois. Amad Diallo, Simon Adingra, Oumar Diakité, autant de noms qui font vibrer la communauté et dont on attend beaucoup cet été.
Plusieurs joueurs, à l'issue de la séance, ont pris le temps de s'approcher des supporters pour des échanges, des autographes, des photos. Un geste simple, mais qui compte énormément pour cette diaspora qui se sent pleinement investie dans l'aventure mondiale des Éléphants. Car pour beaucoup de ces Ivoiriens installés en France, le match de jeudi à Nantes aura une saveur particulièrement douce-amère : ils seront peut-être dans les tribunes à encourager leur équipe nationale face à leur pays d'accueil.
France-Côte d'Ivoire : bien plus qu'un match amical
Sur le papier, il ne s'agit que d'une rencontre de préparation. Dans les faits, ce France-Côte d'Ivoire du 4 juin est chargé de sens à plus d'un titre. Pour les Bleus, classés 3e au classement FIFA, il s'agit d'une première revue d'effectif avant le Mondial, l'occasion pour Didier Deschamps de tester ses options alors que plusieurs finalistes de Ligue des champions sont ménagés. Pour les Éléphants (35e au classement FIFA), c'est un test de prestige face à l'une des meilleures équipes du monde — et un baromètre précieux avant d'entrer en compétition.
La rencontre sera la quatrième confrontation officielle entre les deux nations. Et dans ce contexte particulier; deux équipes qualifiées pour le même Mondial, dans la même ville de Nantes qui a façonné les deux sélectionneurs, elle prend une dimension symbolique supplémentaire. Les Éléphants n'ont rien à perdre. Mais ils ont tout à gagner en confiance.
Stade de la Beaujoire, Nantes — 21h10 (TF1) 15 juin Côte d'Ivoire – Équateur, Groupe E, 1re journée
Philadelphie, États-Unis 20 juin Allemagne – Côte d'Ivoire, Groupe E, 2e journée
Toronto, Canada 25 juin Curaçao – Côte d'Ivoire, Groupe E, 3e journée
Philadelphie, États-Unis
Il serait inexact de présenter la Côte d'Ivoire comme une équipe venue faire de la figuration dans ce Mondial. Les Éléphants retrouvent la scène mondiale après douze ans d'absence — leur dernière participation remontant à 2014 au Brésil. Une qualification obtenue brillamment, en terminant premiers de leur groupe de qualification sans encaisser le moindre but en dix rencontres. La dynamique est là.
Certes, le groupe E s'annonce âpre. L'Allemagne, quadruple championne du monde, fait office de grande favorite. L'Équateur, habitué des phases finales, est un adversaire sérieux et discipliné. Quant à Curaçao, qui dispute sa toute première Coupe du monde de l'histoire, il serait imprudent de la sous-estimer. Émerse Faé le sait mieux que quiconque : dans cette compétition, les surprises sont la règle.
Ce qui frappe, au fond, dans l'atmosphère de ce mardi après-midi parisien, c'est moins le contenu technique de la séance que l'état d'esprit qui s'en dégageait. Ce groupe ivoirien ne se contente plus de rêver. Il planifie. Il se prépare. Il croit.
Après le sacre historique de la CAN 2024 remportée à domicile, la troisième étoile continentale des Éléphants, et une CAN 2025 qui s'est conclue sur une élimination douloureuse en quarts de finale contre l'Égypte, la sélection ivoirienne arrive au Mondial avec un profil hybride : celui d'une équipe qui a connu le sommet, qui a aussi trébuché, et qui sait désormais ce qui se joue dans les moments décisifs.
Les sourires aperçus sur les visages des joueurs à Charléty, les automatismes esquissés lors des phases de jeu, la complicité évidente entre les cadres et les jeunes pousses, tout cela disait une chose : cette équipe de Côte d'Ivoire ne vient pas en Amérique du Nord pour participer. Elle vient pour marquer les esprits. Et jeudi à Nantes, face aux Bleus, elle aura une première occasion de le faire savoir.
Note de la rédaction : Le match France-Côte d'Ivoire se joue le jeudi 4 juin 2026 à 21h10 à la Beaujoire de Nantes, diffusé sur TF1.