Peut on véritablement parler d'un cambriolage ordinaire ou d'une intention criminelle délibérée ? En tout cas les riverains du petit quartier résidentiel qui jouxte les locaux de l'hôtel de ville de Grand-Lahou, en plein centre ville s'interrogent encore sur le mode opératoire des bandits. Selon de bonnes sources, ce " cambriolage particulier " aurait été perpétré aux environs de 10 heures, alors que l'occupant des lieux, à savoir Nanan Allokoua Hubert se trouvait à l'église catholique Notre Dame de la Visitation dont il est le président de la paroisse. Tout a été mis sens dessus-dessous avec des buffets et des placards éventrés et saccagés, donnant l'impression que les sinistres individus cherchaient autre chose que du numéraire.
En effet, son épouse parti au village depuis le vendredi 9 janvier pour des obsèques, le chef vit étrangement seul. Ce dimanche 11 janvier, l'autorité coutumière se rend à la paroisse, située à quelques deux kilomètres de la résidence. Mais il prend soin de tout verrouiller. Les bandits sans doute tapis dans les parages étaient-ils au parfum des programmes et autres mouvements de Nanan Allokoua Hubert ? Tout donne à le croire.
Car c'est après que l'autorité coutumière sort de la résidence que les bandits qui avaient savamment planifié leur opération, passent à l'arrière cour où ils font un gros trou sous la porte de la cuisine. De là, ils n'ont aucune peine à accéder au salon. À l'abri de tous regards indiscrets, ils passent toutes les pièces au crible. La chambre principale, celle des visiteurs ainsi que le salon, dont ils ont cassé les portes à l'aide de pieds de biche, rien ne leur échappe. Toute la maisonnée est mise sens dessus-dessous. Bureaux et armoires sont cassés à l'aide d'objets contondants. Ils amassent quelques bijoux de valeur, des pagnes et ainsi que des billets de banque trouvés sur place. Mais à la réalité, les motivations sont ailleurs. Car ces bandits fouillent tous les documents de fond en comble, emportant certains. Que veulent ils faire de ces dossiers ? C'est la grande énigme.
Lorsque l'occupant des lieux revient aux environs de midi après la prière, c'est avec une stupeur qu'il découvre le désastre fait dans son appartement. Tout a été vandalisé ou presque. Donnant l'impression que ces bandits entendent laisser un message fort à l'autorité coutumière. Menace ou simple cambriolage ? Les voisinages sont perplexes et s'interrogent encore. Qui veut attenter à la vie de Nanan Allokoua Hubert ? La police informée est arrivée sur les lieux pour le constat d'usage avant d'ouvrir une enquête. Nul doute que celle-ci va porter des résultats probants. En attendant, Nanan Allokoua Hubert s'est trouvé un autre endroit pour se mettre en lieu sûr.
Cette visite des locaux du chef du village de Nandibo ouvre le débat sur la grande insécurité qui règne désormais à Grand-Lahou, cité naguère paisible. Les actes criminels y sont perpétrés régulièrement. L'on se souvient en effet que dans le courant du mois d'octobre, un individu a escaladé la clôture du domicile d'une institutrice pour se retrouver dans la cuisine où cette dernière préparait son repas du soir. L'individu armé de couteau a poignardé mortellement l'institutrice sous le regard impuissant de ses enfants avant de prendre la fuite. Il n'a jamais été retrouvé. C'est pourquoi cet acte ne saurait être classé dans le registre d'un cambriolage ordinaire. Alors, qui en veut au chef de Nandibo ? Et pourquoi ?
Norbert Nkaka