"Un meurtre ne reste jamais impuni", le jeune S. D. n'a pas fait cette maxime sienne. Le crime qu'il a commis, le jour anniversaire de la naissance du Christ, a fini par le rattraper. Son rêve d'intégrer les rangs de l'armée ivoirienne et effacer ainsi toutes les traces de sang humain dont est souillé, s'est évanoui. À présent, il doit assumer ce crime crapuleux. Selon des sources émanant de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), S. D. le suspect qui ignorait qu'il était pris en filature depuis la mort de Chaka Fofana, a été formellement identifié lors de l'opération de recrutement dans l'armée. Il est aussitôt présenté comme l’un des instigateurs de l’attaque qui a coûté la vie au jeune Chaka Fofana.
Selon un officier de la Bri commis pour l'enquête, S.D. le meurtrier aurait expliqué le mobile de l'assassinat de Chaka Fofana. C'est que depuis le mois d’octobre 2025, S.D. nourrissait l'idée d'en découdre avec la victime. Mais pour quelle raison ? À cette interrogation, S.D. se refuse à tous commentaires, se contentant de poursuivre son récit. Toujours aux dires du meurtrier, la situation bascule dans la soirée du 25 décembre. En effet, aux environs de 21h30, Chaka Fofana circulait à moto en compagnie de son petit frère. Il ignorait de ce qui se tramait autour de lui. Pourtant, S. D. lui avaient tendu une embuscade qui va lui coûter la vie. Chaka Fofana est alors happé cette nuit là par une bande de jeunes conduite par S.D. et deux de ses présumés complices, connus sous les pseudonymes d’« Alasko » et « Gazo ». Dès lors, tout bascule dangereusement pour Chaka Fofana.
Mais Chaka Fofana ne se laisse pas intimider pour autant. Éclate alors un affrontement. Un déluge de coups s'abat alors sur Chaka Fofana, désormais seul contre les trois bandits armés d'armes blanches. Ces derniers le malmènent dans tous les sens avant de le taillader sauvagement. Chaka Fofana perd beaucoup de sang en plus d'être très affaibli suite aux nombreux coups reçus. Malgré ses blessures, il ramasse ses dernières forces pour rejoindre le domicile familial à bord de sa moto. Alerté, son père, Fofana Salif, accourt pour lui porter secours. Il est très vite évacué au centre hospitalier régional (CHR) de la ville de Man. Malheureusement le jeune homme succombe à ses blessures malgré les efforts des agents de santé de le sauver. Pour la famille, la douleur reste vive.
Après le crime, S.D. le principal suspect ainsi que ses complices disparaissent dans la nature non sans proférer des propos de menaces à quiconque indiquerait des pistes à la brigade de recherche susceptibles de les repérer. Mais pendant tout ce temps les investigations menées par la BRI vont se poursuivre et même se renforcer. Elles vont finalement permettre de le localiser dans les locaux du camp BSO. À la faveur d'une opération de recrutement lancée par le ministère de la Défense, un communiqué précise les lieux de recensement. À Man, c'est le camp de BSO qui est retenu. S.D. qui ne se doute de rien, réunit ses vieux dossiers et se présente devant les officiers commis au recensement des postulants. Nous sommes le mardi 24 février. Au cours de cette opération, S.D. est identifié comme étant le tueur de Chaka Fofana, le 25 décembre 2025. Les forces de l’ordre procèdent aussitôt à son arrestation.
Le commissaire N’da Ahoussi Martin, commandant de la BRI, assure que les investigations se poursuivent afin de retrouver tous les individus impliqués dans cette affaire. Les faits reprochés au suspect sont graves : association de malfaiteurs, assassinat, tentative de meurtre et menaces de mort. Un complice présumé est déjà entre les mains de la police, tandis que d’autres suspects restent activement recherchés. Dans le quartier CNPS de Man, où le drame avait provoqué une vive émotion, les autorités avaient rapidement appelé les jeunes au calme afin d’éviter toute vengeance. L'arrestation du principal suspect constitue une avancée importante pour les enquêteurs. Pour la famille de Chaka Fofana, seule la justice pourra apporter un début de soulagement à une douleur encore profonde.
Norbert Nkaka (Info : Les nouvelles du Tonkpi)