OPINION / Dissolution de la CEI : redonner toute sa place au ministère de l'intérieur !

Rédigé par Junior Gnapié le Vendredi 8 Mai 2026 à 22:57 | Lu 94 fois


Alors que le gouvernement ivoirien a acté, en Conseil des ministres, la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI), le débat sur l’avenir de l’organisation des scrutins en Côte d’Ivoire est relancé avec force. Dans cette tribune, Koulibaly Seydou, président délégué en charge de l’Organisation et de la Planification du CDV/FPI, plaide pour un retour assumé à une gestion des élections par le Ministère de l’Intérieur. Pour lui, après vingt-cinq années marquées par les controverses, les contestations et les violences électorales, il est temps de restaurer la confiance en redonnant à l’État républicain et à son administration territoriale la pleine responsabilité de l’organisation électorale. Une prise de position qui alimente un débat sensible au cœur de l’avenir démocratique ivoirien.


Dissolution de la CEI : redonner toute sa place au ministère de l'intérieur !



Le bref mais non moins pertinent exposé des motifs de la dissolution de la Commission Electorale Indépendante par le conseil des Ministres du mercredi 06 mai 2026, ne prête à aucune polémique.
En effet, de la Commission Nationale Electorale ( CNE ) en 2000 à la CEI de 2001 au 06 mai 2026, que de vacarmes, de sueur et de sang charriés à la fois par de recommandables revendications et par des fantasmes les plus fous.

Le non-dit de ces crises d'hystérie des "politiques" était qu'il suffisait d'avoir un de leurs lieutenants à la tête de la structure de gestion des élections pour bénéficier avant même le début de la compétition d'une nette longueur d'avance sur les autres concurrents.
On notera en passant que cet argument spécieux a souvent servi de cache-sexe à ceux des politiques démesurément ambitieux, n'étant objectivement portés par aucune organisation solide à implantation nationale.

Mais on notera également que ce préjugé aura définitivement scellé le sort des Commissions Electorales désormais écartelées.
Ainsi, pour être Indépendante ou Autonome, il aurait fallu que ces Commissions Electorales aient autant de Présidents que de partis politiques et de politiques en compétition.
Sous la férule de ces Commissions Electorales, les élections de façon générale et particulièrement la présidentielle se sont conjuguées ces 25 dernières années en Côte d'Ivoire avec d'interminables contestations et d'affreuses violences.

En vérité, il est temps de mettre le curseur sur le vrai sujet. La bonne gestion des élections en Côte d'Ivoire comme partout dans les pays en voie de développement, en quête de Nation et de culture démocratique, ne viendra pas des Commissions Electorales Indépendantes ou autres dirigées par des personnes dites neutres ou incolores. Il n'en existe pas. Il y a certes des hommes et des femmes de grande probité et de compétence avérée, mais ils demeurent des hommes et des femmes en situation tout simplement.

La confiance des politiques et des populations dans ces structures restera toujours relative, intimement tributaire des aléas de la météo des performances électorales partisanes. Et la république laïque et incorruptible dans son essence continuera d'être souillée par le manque de confiance et d'assurance de certains de ses animateurs.

Faire le bilan des Commissions Electorales Indépendantes à travers le monde et singulièrement en Afrique, reviendrait à reconnaître, en dehors du principe de l'exception qui confirme la règle, qu'elles n'ont pas empêché la résurgence de crises pré/postélectorales dans les pays où elles ont été implémentées ? Les Commissions Electorales Indépendantes ont-elles empêché les putchs au Mali, au Burkina Faso et au Niger ?
Si tant est que la Côte d'Ivoire aspire compter dans le concert des nations modernes, démocratiques et développés comme cela semble se dessiner depuis quelques années, il faudra renforcer et consolider cet encrage républicain en faisant dans cette phase charnière, du Ministère de l'intérieur, le maitre d'œuvre des élections en Côte d'Ivoire avec comme points de mire, impartialité et transparence. Il reste entendu que conformément au principe de l'amélioration continue, la Côte d'Ivoire au fil de l'élévation des mentalités pourrait évoluer vers des systèmes plus complexes et plus performants du genre Organisme de Gestion des Elections avec des professionnels à la barre.

Pour nous, la meilleure façon de mettre tout le monde d'accord, est de confier à nouveau l'organisation et la gestion des élections à la république et à ses institutions clés, à l'administration territoriale, au Ministère de l'intérieur. Il faut que tous et toutes nous apprenions à faire confiance à la république une et indivisible donc impartiale.

Koulibaly Seydou
Président délégué en charge de l'Organisation et de la Planification CDV/FPI


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