https://abidjan4all.info/economie/orpaillage-clandestin-plus-de-1-100-sites-demanteles-en-sept-mois-le-gouvernemen
L'exploitation illégale de l'or continue de gagner du terrain en Côte d'Ivoire, malgré des années d'opérations répressives. Selon un bilan détaillé de l'Agence ivoirienne de presse (AIP), publié le 18 août 2026, la gendarmerie nationale a procédé, entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026, au déguerpissement de 1 114 sites d'orpaillage illégal, à la faveur de 953 opérations menées à travers le pays, aboutissant à l'interpellation de 1 531 personnes. Ces interventions ont également permis la saisie de 4 410,42 grammes d'or, de 255 barres de dynamite, 2 541 motopompes, 59 pelleteuses et 244 groupes électrogènes, entre autres matériels utilisés dans cette exploitation clandestine.
Face à l'ampleur persistante du phénomène, le gouvernement ivoirien a décidé de franchir un nouveau cap. À l'issue du Conseil des ministres du mercredi 5 août 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré un message de fermeté : « Si vous avez suivi le communiqué du dernier Conseil national de sécurité, vous avez dû vous rendre compte de toute la mesure que l'État a prise de ce phénomène. Cette fois-ci, le communiqué a été très clair. Il s'agit d'appliquer de façon stricto sensu la loi », a-t-il déclaré, précisant que les sanctions pourraient désormais concerner non seulement les exploitants illégaux eux-mêmes, mais également les propriétaires terriens, les chefs de village reconnus coupables de complicité ou de laxisme, ainsi que d'éventuels agents publics impliqués.
Le changement de stratégie affiché par l'État ne se limite plus à la seule action répressive de la gendarmerie. Les autorités misent désormais sur l'implication directe des populations locales dans la traque des sites clandestins, notamment via la mise en place d'un numéro vert destiné à faciliter le signalement de nouvelles installations illégales. Selon un reportage de l'AIP consacré à plusieurs localités ayant réussi à préserver leurs terres, la vigilance communautaire constitue un rempart efficace, complémentaire aux opérations de répression menées par les forces de défense et de sécurité, en particulier dans les régions de l'Ouest et du Centre-Nord du pays, historiquement les plus exposées à ce phénomène.
Sur le terrain, plusieurs autorités administratives ont multiplié ces dernières semaines les appels à la mobilisation citoyenne. À Duékoué, le préfet de la région du Guémon, Jean-Marie Vianney Addoh Tano, a ainsi exhorté les populations à « faire preuve de civisme » et à « dénoncer cette pratique illégale », qu'il a présentée comme une menace directe pour l'environnement, la sécurité et le développement économique de sa région, pointant la pollution des cours d'eau et la destruction des terres agricoles comme conséquences directes de cette exploitation clandestine.
Sur le plan économique, l'ampleur du phénomène reste préoccupante : selon plusieurs analyses relayées par la presse nationale, l'orpaillage clandestin coûterait chaque année à l'État ivoirien plusieurs milliers de milliards de FCFA en recettes fiscales non perçues, sans compter les dégâts environnementaux difficilement chiffrables sur les cours d'eau, les sols agricoles et les écosystèmes forestiers. Un phénomène qui, selon plusieurs observateurs, s'est nettement amplifié au cours de la dernière décennie à travers l'ensemble du territoire national, touchant désormais des régions jusque-là relativement épargnées.
Plusieurs personnalités publiques ont également pris position sur le sujet ces dernières semaines, appelant l'État à s'attaquer non seulement aux exploitants sur le terrain, mais également aux commanditaires et aux circuits financiers qui organisent en amont cette économie parallèle. Le gouvernement affirme, de son côté, vouloir désormais s'appuyer sur une approche combinant fermeté judiciaire, mobilisation citoyenne et amélioration du maillage territorial des forces de sécurité pour endiguer durablement ce phénomène.
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Ange Pascal