Post-CEI : Beugré Mambé dévoile l'architecture à trois piliers devant tous les partis, l'opposition salue l'ouverture et réclame des garanties

Rédigé par Junior Gnapié le Mardi 23 Juin 2026 à 23:36 | Lu 14 fois


Le lundi 22 juin 2026, l'auditorium de la Primature a servi de cadre à une réunion d'information inédite : le Premier ministre Robert Beugré Mambé y a présenté devant l'ensemble des formations politiques et de la société civile les grandes lignes du futur système électoral ivoirien, appelé à remplacer la CEI dissoute le 6 mai. Trois organes distincts, une logique de séparation des fonctions, et une opposition qui joue le jeu tout en conditionnant son soutien.


Dialogue politique et réforme institutionnelle — le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté le 22 juin 2026 à la Primature les grandes orientations de la réforme de la gouvernance électorale ivoirienne.





Il y a quelque chose d'historique dans la réunion de lundi. Pour la première fois depuis des décennies, un gouvernement ivoirien a invité l'ensemble des forces politiques — majorité et opposition réunies, société civile incluse — à la même table, pour une présentation transparente du projet de réforme de son système électoral. Cissé Bacongo pour le RHDP, Simone Ehivet Gbagbo pour le MGC, Pascal Affi N'Guessan pour le FPI, Charles Blé Goudé pour le COJEP, Philippe Ezaley pour le PDCI-RDA : des adversaires devenus — le temps d'une matinée — des interlocuteurs.
Le Premier ministre a dévoilé les grandes orientations de la réforme de la gouvernance électorale en Côte d'Ivoire aux partis politiques et aux organisations de la société civile. Objectif : tourner la page des crises électorales et bâtir un système plus transparent, plus crédible et davantage consensuel.

Réunion
22 juin 2026 · Primature, Abidjan
Présidée par
PM Robert Beugré Mambé
Partis présents
RHDP · MGC · FPI · COJEP · PDCI-RDA · ADCI + société civile
Architecture proposée
3 organes distincts (logistique · recensement · supervision)
Prochain jalon
Projet de loi → Parlement
Trois piliers pour dépasser vingt-cinq ans d'impasse
La réforme proposée repose sur une nouvelle architecture articulée autour de trois structures distinctes. Selon le chef du gouvernement, l'expérience accumulée au fil des années montre que les différentes réformes de la CEI n'ont pas permis d'instaurer durablement la confiance entre les acteurs politiques.
Le premier organe sera chargé exclusivement de l'organisation matérielle des élections — la logistique du scrutin. Le deuxième assurera le recensement des suffrages et la compilation des résultats, avec pour mission de garantir la sincérité des résultats proclamés. Le troisième veillera à la supervision et au contrôle de l'ensemble du processus. Pour l'exécutif, cette séparation des fonctions permettra d'éviter la concentration de l'ensemble des responsabilités électorales au sein d'une seule institution, comme c'était le cas avec la CEI.
« Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur, mais des moments de choix. »
— Robert Beugré Mambé, Premier ministre · Primature, 22 juin 2026
L'opposition entre ouverture et exigence
Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan, a salué l'initiative du gouvernement visant à présenter un projet de réforme de l'organe électoral. Qualifiant la démarche de « bon début », le leader de l'opposition a toutefois insisté sur la nécessité d'un dialogue approfondi pour aboutir à un consensus sur l'organisation des élections en Côte d'Ivoire.
Si le dialogue engagé par l'exécutif reçoit un accueil favorable, les partis d'opposition demeurent prudents. Les leaders présents ont salué l'ouverture du débat, tout en précisant qu'ils attendent la transmission du projet de loi écrit pour formuler des propositions concrètes. Parmi les plus critiques, le mouvement « Force aux peuples » a publié une déclaration soulignant que la réforme arrive avec une architecture déjà définie, alors qu'une réforme sérieuse et durable ne commence pas par la conception d'un organigramme mais par un diagnostic partagé, rigoureux et transparent des problèmes à résoudre.
📋 Les conditions posées par l'opposition pour soutenir la réforme
Un organe véritablement indépendant — désignation fondée sur la compétence et l'intégrité, hors partis politiques
Un processus inclusif — toutes les forces politiques doivent être consultées, pas seulement informées
Un projet de loi écrit soumis avant adoption — pour permettre des propositions concrètes
La prise en compte des populations vulnérables : femmes, jeunes, diaspora, personnes handicapées, ruraux
Une éducation civique et électorale nationale en amont de toute réforme institutionnelle
La réforme entend également mieux prendre en compte les préoccupations des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap, des populations rurales ainsi que des Ivoiriens de la diaspora. Parallèlement, le gouvernement prévoit un vaste programme d'éducation civique et électorale destiné à sensibiliser les citoyens sur leurs droits et devoirs électoraux.
La balle est désormais dans le camp du Parlement. Le gouvernement prévoit de soumettre prochainement le projet de loi constitutif de la nouvelle architecture électorale, marquant le début d'un processus législatif qui dira si cette ouverture diplomatique du 22 juin se traduit en véritable refondation démocratique — ou en simple réorganisation administrative d'une institution contestée depuis sa naissance.
JG
Junior Gnapié — Rédaction Abidjan4All.netJournaliste
Réforme électorale CIVBeugré MambéCEI dissouteRHDPAffi N'Guessan FPICharles Blé Goudé COJEPDialogue politiqueDémocratie ivoirienne


Dans la même rubrique :