Lors d'un débat télévisé sur la chaîne ivoirienne Nci 360, le 1er mars, sur ce dossier brûlant du remblayage anarchique à Abidjan, le Directeur général des Affaires maritimes, le colonel major, Julien Yao Kouassi n'a pas hésité un seul instant à faire la lumière sur ces pratiques illégales qui défraient la chronique. Mesurant les graves conséquences écologiques, le Directeur des Affaires maritimes, a surtout mis l'accent sur la recherche de solutions pérennes et concertées avec l'ensemble des acteurs concernés par le sujet. Au cours de cette émission, le représentant du ministre des Transports et des Affaires maritimes a établi un diagnostic clair afin de poser les jalons d'une nouvelle ère pour la préservation du patrimoine lagunaire, très vital pour les abidjanais. "On ne lutte efficacement que contre ce que l'on comprend bien", indique t il tout en prenant soin d'expliquer la différence fondamentale entre le remblayage, le dragage, l'endiguement et l'enrochement. D'ailleurs, la mise en place de la Brigade spéciale de Lutte contre le Remblayage anarchique ( Brisra), une structure qui émane de la DGAM témoigne bien de la volonté affichée de lutter efficacement contre ce phénomène. Car cette unité d'élite créée en mars 2025, selon le colonel major Julien Yao Kouassi, a pour mission de "garantir l'intégrité géomorphologique et biomorphologique de la lagune". Cette unité composée de 64 agents mène des opérations 24 h/24 et 7 jours/7. Son efficacité opérationnelle a permis déjà de geler des dizaines de sites illégaux et de soustraire plus de 70 Ha de domaines lagunaires à des prédateurs fonciers. D'ailleurs un bilan sommaire révèle que sur 56 000 Ha que constitue le plan d'eau, 453,1 ha ont été remblayés dont 69,5 ha jugés irréguliers. Pour lui donc, la fermeté d'une action de l'État s'impose.
C'est dans cette perspective que le ministère des transports et des affaires maritimes a entrepris des mesures vigoureuses. Le dossier du remblayage anarchique prend un tournant décisif à travers l'annonce d'une saisine de la justice. En effet, le colonel major Julien Yao Kouassi a confirmé que " le ministre des Transports et des affaires maritimes, M. Amadou Koné avait saisi le procureur de la République pour ouvrir une enquête judiciaire ", a dit le Dgam. Une annonce qui dénote de la volonté de l'État ivoirien de ne plus se contenter des constats et des simples suspensions. Il passe désormais à la phase supérieure, à savoir, situer les responsabilités pénales. " Seule l'enquête en cours permettra d'établir les responsabilités ", a déclaré le Dgam,le colonel major Julien Yao Kouassi, sur le plateau- télé le 1 er mars. En confiant le dossier à la justice, c'est dire que plus aucune opération ne restera désormais impunie. À travers donc cette tournure que prend le dossier du remblayage anarchique, c'est la preuve que lorsque l'État prend les choses en main, la nature peut être sauvée. La lagune Ebrié a désormais un visage pour la défendre, pourvu que la justice prenne véritablement les choses en main.
Norbert Nkaka