Koulibaly Seydou, Président délégué en charge de la Planification et de l'Organisation CDV/FPI
Point n'était besoin d'être sorti de la cuisse de Jupiter ou de posséder une boule de cristal pour prédire la rupture qui s'annonçait entre le Président Diomaye Faye et l'ex Premier Ministre Ousmane Sonko.
Il ne s'agit pas non plus d'invoquer une spécificité sénégalaise en référence à l'occurrence historique entre le Président Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia en 1962.
En effet, l'implosion des duos politiques reste intimement liée à la nature même du pouvoir, ce bateau qui n'accepte à sa barre qu'un seul pilote, un seul capitaine.
Dans tous les régimes présidentialistes, le Président de la république élu au suffrage universel direct, est le détenteur exclusif de l'exécutif. Il peut déléguer certaines prérogatives, mais ne partage cette exclusivité avec personne. D'autres diront que c'est lui qui a le stylo.
Le slogan " Diomaye Moye Sonko, Sonko Moye Diomaye " autrement dit " Diomaye est Sonko et Sonko est Diomaye ", puissante et efficace arme de propagande et de communication politique, de conquête démocratique du pouvoir, recelait tout aussi paradoxalement le totem du pouvoir, à savoir qu'il ne se partage pas.
Dans l'euphorie de la marche vers le pouvoir, Sonko et une partie du PASTEF s'étaient-ils voilé la face ?
En réalité, " Diomaye n'est pas Sonko et Sonko n'est pas Diomaye ", tant qu'il s'agit du fauteuil présidentiel différent du banc des opposants.
Toutefois, la fatalité aurait-elle pu être conjurée à l'instar de la rédemption qui rachète le péché ?
S'il est vrai que le pouvoir ne se partage pas, le pouvoir temporel de Sonko ne pouvait-il pas succéder à celui de Diomaye ?
Les 54,28 % de l'électorat sénégalais ayant opté pour le PASTEF ne méritent-ils pas respect et égard ?
En vérité, certains politiques souffrent et font souffrir les populations du fait de la surdimension de leur ego et de leur impréparation à affronter la complexité du pouvoir. Ils manquent de mesure, d'humilité et de sérénité, jaugeant tout à l'aune de leur nombril et de leur finitude.
Dans le cas d'espèce, que gagnait l'ex Premier Ministre Sonko à défier le Président Diomaye Faye en lorgnant le fauteuil présidentiel alors que celui-ci n'est qu'à son premier mandat ?
Sonko reproche t-il au Président Diomaye Faye d'avoir été élu Président de la république du Sénégal ?
Au nom du leitmotiv " Diomaye Moye Sonko, Sonko Moye Diomaye ", le Président Diomaye Faye devrait-il prendre un décret et lequel, qui ferait de Sonko comme par enchantement calife à la place du Calife ?
La sagesse ne recommandait-elle pas de se battre ensemble pour le succès des deux mandats du Président Diomaye afin qu'au vu des résultats tangibles, les sénégalais en toute souveraineté accordent deux autres mandats à Sonko ?
En définitive, il aurait fallu inscrire au fronton de l'Académie des Politiques, singulièrement sous nos tropiques que " Nul n'entre ici s'il n'a l'esprit apaisé ".
Koulibaly Seydou
Président délégué en charge de la Planification et de l'Organisation CDV/FPI