L'immigration, phénomène bien connu de nos jours, est souvent liée à des raisons économiques et pécuniaires, car très souvent, les jeunes pensent pouvoir se faire assez de l'argent une fois en Europe. Dans la plupart des cas, ces jeunes veulant fuir la misère et la pauvreté croient trouver la solution dans l'immigration. Mais elle peut être parfois liée à des maltraitances et à des pratiques traumatisantes, telles que l'excision. C'est le cas d'une dame à qui nous attribuons les initiales de B. R, qui, n'ayant pas supporté les scènes de maltraitance et les affres de l'excision de la part de sa tante, a dû trouver son salut en optant pour l'immigration. B. R. jure aujourd'hui de ne plus jamais retourner dans son pays natal. Mais que s'est il passé exactement ?
La mort du père qui a tout déclenché
B. R est née le 20 juin 1977. Mais alors qu'elle est dans la fleur de l'âge, soit 14 ans, voilà que le géniteur décède. Après les cérémonie funéraires, la famille est disloquée. C'est ainsi qu'en 1991, celle-ci est confiée à sa tante. Avec cette dernière, la vie n'est pas rose. Elle est obligée d'effectuer les pires travaux ( chercher de l'eau au puits, casser du bois, faire la vaisselle , la cuisine et laver les linges) au quotidien. Un jour, alors qu'elle s'y attendait le moins, la tante la jette entre les bras des exciseuses qui ont déboulé à leur domicile. Un véritable "passage du feu", un enfer qui laisse encore des traces dans sa chair et sa mémoire. Ce moment passé, B. R contracte une grossesse et enfante d'une fillette le 25 novembre 1995. Elle la baptise Fatim. Le père de Fatim, un sans emploi, a préféré disparaître des radars, laissant seule B. R., la charge de sa fillette. Malgré son statut de jeune mère, sa situation ne change pas. Bien au contraire, elle ne fait qu'empirer. La tante devenue encore plus furieuse multiplie les actes de maltraitance et les bastonnades. Il faut fuir ce calvaire. B. R. décide alors de rejoindre une autre tante à Abengourou tout en laissant sa fillette entre les mains de sa grand-mère dans un village d'Agboville. Nous sommes en 2000. Désormais, l'éducation de Fatim est confiée à la mémé. Mais à Abengourou aussi, c'est pratiquement le même régime, à savoir les maltraitances. Est-ce une malédiction ? Étant chez sa tante, elle rencontre un homme qui réside à Abidjan, ce dernier qui va devenir plus tard le père de ses autres enfants, un certain D.A. Très vite, elle parte le rejoindre à Abidjan.
Sortie de l'enfer pour le traumatisme
Les choses vont vite et bien chez ce dernier. Enfin, elle sort de l'étreinte de cet enfer. De leur union, naît D. M, le 3 décembre 2007. Entre temps Fatim restée chez sa grand-mère, est inscrite à l'école. Ses études se passent assez bien.Tout semble aller pour le mieux. Fatim obtient même son entrée en 6 ème. C'est la joie chez B. R. qui, après tant de souffrances, apprend une si bonne nouvelle. Pour les vacances de 2009, le couple convient alors de faire venir Fatim à Abidjan pour passer des vacances bien méritées et arrosées. Mais alors qu'elle préparait la venue de sa fillette, une terrible nouvelle tombe, le 21 juin. On lui annonce que sa fille est décédée lors d'une opération d'excision. Elle aurait succombé après qu'elle eût perdu assez de sang lors de cette opération. C'est un choc dont elle se remet difficilement. On en est là et la vie reprend doucement malgré cette douleur qui la révolte parfois.
Les menaces qui poussent à l'immigration
Le 6 novembre 2010, elle accouche d'une autre fillette. Tout se passe bien jusqu'en 2022 quand la tante refait surface. Cette dernière exige que B. R. fasse venir ses deux fillettes afin de les faire exciser elles aussi. Cette nouvelle reveille en elle, toute la rage contenue. Aussi son refus est instantané et catégorique. C'est non et non ! Alors ce sont des menaces verbales à n'en point finir. Faut il la dénoncer, tant l'acharnement de la tante est maladif. C'est alors que naît en elle, l'idée de quitter la Côte d'Ivoire pour l'Europe. Le mari, son seul soutien, prend les choses en main. En 2024, le couple s'envole dans la plus grande discrétion pour la France. Au moins, elle préserve ses deux bijoux contre cette pratique inhumaine qu'est l'excision. Même si le couple doit affronter un autre pan de la vie. Autant convenir que les raisons de l'immigration sont multiples, complexes et contextuelles.
Norbert Nkaka
















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