L’Assemblée générale ordinaire de l’Union des journalistes ivoiriens en France (UJIF), tenue ce samedi 25 avril 2026 dans la salle « Les Amis de la Maison Verte » dans le 18e arrondissement de Paris, aura été tout sauf une simple formalité administrative. Entre tensions internes, critiques ouvertes et volonté affichée de réforme, la rencontre a révélé les fractures mais aussi les dynamiques de recomposition au sein de cette organisation emblématique de la diaspora ivoirienne.
Dès l’ouverture des travaux, l’atmosphère s’est voulue sérieuse, marquée par une attente forte des membres quant à l’avenir de l’union. Au cœur des débats : la gestion du bureau sortant, jugée insuffisante par une majorité d’intervenants, et la nécessité urgente de restaurer la cohésion interne.
Jean Paul Oro entre mise au point et amertume
Parmi les temps forts de cette assemblée, la prise de parole de Jean Paul Oro a particulièrement retenu l’attention. Visiblement affecté par la tournure des événements, il a exprimé son incompréhension face aux critiques dont il dit faire l’objet.
« Je me suis toujours inscrit dans une logique d’ouverture », a-t-il tenu à rappeler, évoquant sa disposition à élargir le comité ad hoc initialement mis en place sous l’égide du doyen Faustin Dali. Mais au-delà de cette volonté affichée, Jean Paul Oro n’a pas caché son ressenti personnel : celui d’avoir été injustement ciblé par des propos qu’il qualifie de dénigrement.
Il a également tenu à clarifier sa position sur une éventuelle candidature à la tête de l’UJIF, affirmant ne pas être candidat « à sa propre succession», une formule qui en dit long sur les spéculations et tensions internes qui entourent la gouvernance de l’organisation.
Des critiques unanimes contre le bureau sortant
Au cours du tour de parole, les interventions des journalistes présents ont convergé vers un constat partagé: des manquements et négligences dans la gestion du bureau sortant. Sans détour, plusieurs participants ont pointé un déficit de communication, un manque de dynamisme et une absence de vision stratégique.
Cependant, loin de se limiter à un exercice de critique, les échanges ont également été marqués par des propositions concrètes. L’idée d’un rassemblement inclusif, intégrant toutes les sensibilités y compris le groupe conduit par le doyen Faustin Dali, a fait consensus.
Pour beaucoup, l’urgence est désormais à la reconstruction d’une union forte, crédible et capable de défendre efficacement les intérêts des journalistes ivoiriens en France.
« Je me suis toujours inscrit dans une logique d’ouverture (...) je l'ai déjà dit et je le répète, je ne suis pas candidat à ma propre succession et je ne le serai pas. »
Un comité ad hoc pour relancer la machine
Dans cette dynamique, un comité ad hoc a été mis en place séance tenante, avec une feuille de route claire et ambitieuse. Trois missions principales lui ont été confiées :
1. Assurer le rapprochement entre les différentes parties
2. Procéder au toilettage des textes lors d’une Assemblée générale ordinaire (AGO)
3. Organiser une Assemblée générale élective (AGE), incluant la mise en place d’une liste électorale et l’organisation du vote
L’objectif est de poser les bases d’un processus électoral transparent et consensuel, capable de restaurer la légitimité des instances dirigeantes.
Élection d’un président de consensus
L’élection du président du comité ad hoc a constitué un autre moment clé de la journée. Opposant Armand Iré à Eden Bobia Bégé, le scrutin s’est finalement déroulé à main levée. À l’issue du vote, Eden Bobia Bégé a été élu, incarnant aux yeux de plusieurs membres une figure de compromis.
Il sera assisté dans sa mission par Serge Aboga et Armand Iré, dans un esprit de collaboration destiné à apaiser les tensions et à garantir l’efficacité du processus.
Des ambitions déjà affichées pour la présidence
Dans la rubrique des divers, l’annonce d’une candidature à la présidence de l’UJIF a donné un aperçu des prochaines échéances électorales. Ange de Villiers, du Magazine Parchemin, a en effet officialisé la candidature de Jean Molière du média Le Continent.
Une annonce qui confirme que la bataille pour la direction de l’organisation est déjà engagée, dans un contexte où les attentes en matière de renouvellement et de gouvernance sont particulièrement fortes.
Une organisation à un tournant
Assurée par Blaise Bansié, le secrétariat de séance a permis de structurer les échanges et de consigner les décisions prises. Mais au-delà des aspects formels, cette assemblée générale restera comme un moment charnière pour l’UJIF.
Entre critiques assumées et volonté de refondation, les journalistes ivoiriens de France semblent déterminés à tourner une page et à reconstruire une organisation plus inclusive, plus transparente et plus dynamique.
Reste désormais à savoir si les engagements pris ce 25 avril se traduiront concrètement dans les semaines à venir. Une chose est sûre : l’UJIF est à la croisée des chemins, et ses membres en ont pleinement conscience.














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