C'est à la tombée de la nuit, au moment où les moustiques vecteurs sont les plus actifs, que les équipes de l'Institut national d'hygiène publique (INHP) sont allées à la rencontre des habitants de la Cité du Port, dans le quartier de Vridi Canal, à Port-Bouët. Le vendredi 11 juillet 2026, l'institut, à travers son Service communication et relations publiques en collaboration avec le Service de lutte antivectorielle, a donné le coup d'envoi d'une vaste campagne de sensibilisation communautaire destinée à endiguer la prolifération des moustiques responsables de la transmission du paludisme et de la dengue.
Cette opération de terrain s'inscrit dans un contexte précis : celui des risques sanitaires accrus qui accompagnent chaque année la saison des pluies à Abidjan, particulièrement dans les zones basses et mal drainées comme Port-Bouët, régulièrement touchées par des inondations. Les eaux stagnantes qui s'accumulent après les épisodes pluvieux intenses constituent en effet des gîtes larvaires idéaux pour les moustiques, favorisant la propagation de maladies vectorielles.
Animée par le Dr Koffi Alexandre, entomologiste médical de l'INHP, la séance de sensibilisation à la Cité du Port a permis aux équipes sanitaires d'échanger directement avec les habitants sur les gestes simples mais efficaces permettant d'identifier et de détruire les eaux stagnantes propices à la reproduction des moustiques : vider les récipients pouvant retenir l'eau de pluie, entretenir les caniveaux et abords des habitations, ou encore recourir aux moustiquaires imprégnées d'insecticide.
- Lancement : vendredi 11 juillet 2026, à la Cité du Port de Vridi Canal (Port-Bouët)
- Durée : du 10 juillet au 2 août 2026
- Zone initiale : l'ensemble de la commune de Port-Bouët
- Extension prévue à d'autres communes d'Abidjan et localités de l'intérieur identifiées comme zones à risque
- Pilotage : Institut national d'hygiène publique (INHP), sous tutelle du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle
Selon le ministère de la Santé, cette initiative traduit la volonté des autorités sanitaires d'anticiper les conséquences des inondations plutôt que de se contenter d'y répondre a posteriori. La campagne, prévue pour durer jusqu'au 2 août 2026, doit dans un premier temps couvrir l'ensemble de la commune de Port-Bouët, avant une extension progressive à d'autres localités abidjanaises et à l'intérieur du pays identifiées comme zones à risque, dans un contexte de saison pluvieuse qui a déjà causé, selon les autorités, un nombre élevé de décès et de dégâts matériels à travers le pays ces dernières semaines.
Cette mobilisation intervient alors que le paludisme demeure l'une des toutes premières causes de consultation médicale en Côte d'Ivoire, et que la dengue, dont une épidémie avait été officiellement déclarée par les autorités sanitaires ivoiriennes en 2023, continue de circuler de façon sporadique, en particulier durant la saison des pluies. Le ministère rappelle qu'il n'existe à ce jour ni traitement préventif ni traitement curatif spécifique contre la dengue, ce qui rend la prévention communautaire — destruction des gîtes larvaires, port de vêtements couvrants, usage de répulsifs et de moustiquaires — d'autant plus déterminante pour limiter la propagation de la maladie.
Au-delà de la seule dimension sanitaire, cette campagne illustre la démarche de « prévention participative » revendiquée par l'INHP, qui entend placer les communautés au cœur de l'assainissement de leur propre environnement. Une approche de proximité qui, selon l'institut, doit permettre de désengorger à terme les structures de santé publique déjà sous tension durant la saison des pluies, période où les consultations liées aux maladies hydriques et vectorielles connaissent traditionnellement un pic à travers le pays.
Ange Pascal - rédaction abidjan4all














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