C'est le genre de situation qui n'a quasiment pas de précédent dans l'histoire politique africaine récente : un chef d'État déférant devant la juridiction constitutionnelle une réforme adoptée sous sa propre présidence. C'est pourtant ce qu'a fait Bassirou Diomaye Faye le lundi 6 juillet 2026, en faisant déposer par son avocat Me Cheikh Ahmadou Ndiaye un recours en inconstitutionnalité contre la loi n°18/2026 portant révision de la Constitution sénégalaise. Le récépissé du Conseil constitutionnel, enregistré à 11h40 sous le numéro 6/C/26, en témoigne.
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement saisi le Conseil constitutionnel d'un recours en inconstitutionnalité contre la loi n° 18/2026 portant révision de la Constitution, invoquant une violation de la procédure de révision constitutionnelle. Selon le récépissé de dépôt établi par le greffe du Conseil constitutionnel, la requête a été enregistrée le 6 juillet 2026 à 11h40 sous le numéro 6/C/26. Elle a été déposée par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour, agissant au nom et pour le compte du chef de l'État.
Quelle réforme, quel vice de procédure ?
Dans la Constitution sénégalaise, certaines révisions fondamentales requièrent une consultation référendaire ou le respect de procédures qualifiées spécifiques. Si le recours présidentiel aboutit, la réforme pourrait être annulée ou renvoyée pour reprise de procédure. Si le Conseil constitutionnel la valide, le président se trouvera dans la position inconfortable d'avoir contesté sans succès une loi émanant de son propre camp.
— Analyse constitutionnelle, AllAfrica / Daba Finance · 8 juillet 2026
Le signe d'une cohabitation au sommet
Pour les observateurs du paysage politique sénégalais, ce recours constitutionnel est davantage un signal adressé à Ousmane Sonko qu'une initiative purement juridique. Il dit que le président entend exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles, y compris celles qui lui permettent de contrôler la légalité des actes législatifs — même quand ces actes émanent de son propre camp. Une posture d'autonomie qui reflète peut-être les premières lézardes dans un tandem que beaucoup observaient avec intérêt depuis Dakar.
📋 Les faits clés du recours constitutionnel de Diomaye Faye
Numéro de dossier : 6/C/26
Requérant : Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal
Représenté par : Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour
Texte contesté : Loi n°18/2026 portant révision de la Constitution
Motif invoqué : Violation de la procédure de révision constitutionnelle
Enjeu : Annulation ou confirmation de la réforme · Tensions Faye-Sonko révélées
Un test pour la démocratie sénégalaise
Mais ce recours soulève aussi une question fondamentale pour la gouvernance du pays : comment le Sénégal peut-il réformer ses institutions de manière cohérente et efficace si les deux têtes de l'exécutif ne s'accordent pas sur les orientations fondamentales de ces réformes ? La réponse du Conseil constitutionnel, attendue dans les prochaines semaines, sera déterminante pour la suite du mandat de Faye et pour la trajectoire politique de l'ensemble du mouvement Pastef.














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