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La légende retrouvée de Yasuke, le premier samouraï noir du Japon

Rédigé par Abidjan4all le Vendredi 11 Juin 2021 à 23:30 | Lu 200 fois


Né sur l’île de Mozambique, l’homme au destin exceptionnel est arrivé au pays du Soleil-Levant en tant qu’esclave à la fin du XVIe siècle.


Yasuke, le samouraï noir, lors d’un bain pour vérifier l’aspect naturel de sa peau. CREATIVE DIGITAL
Yasuke, le samouraï noir, lors d’un bain pour vérifier l’aspect naturel de sa peau. CREATIVE DIGITAL
C’est l’histoire d’un homme qui fut engloutie par le temps. Au point que même son nom de naissance a été perdu. De lui, on ne connaît que le surnom japonais qui lui a été attribué : Yasuke. Ancien esclave né sur la côte est-africaine au milieu du XVIe siècle, Yasuke est devenu le premier samouraï étranger de l’histoire du Japon.

Il aura fallu attendre près de cinq siècles pour que ce destin hors du commun refasse surface. Pourquoi maintenant ? Personne ne peut le dire.

Au pays du Soleil-Levant, cet homme fort et courageux animé d’une passion pour l’art de la guerre apparaît aujourd’hui dans une publicité. Au Cameroun, une exposition lui est consacrée à partir de mardi 26 juin au Palais des congrès de Yaoundé ; et elle migrera dans quelques mois au Japon. En Espagne, au Portugal, en Italie ou en Roumanie, des dizaines d’articles ont été publiés pour raconter les exploits de ce guerrier. Aux Etats-Unis enfin, la société de production Lionsgate, qui a notamment produit le film Highlander, a annoncé qu’elle travaillait sur son biopic.

La vie de Yasuke se lit comme un roman. « Un lecteur martiniquais, passionné d’arts martiaux, m’a contacté un jour pour me dire que lors d’un voyage au Japon, on lui avait parlé de cet Africain devenu l’un des premiers étrangers à intégrer l’élite guerrière nippone, explique Serge Bilé, journaliste et auteur de la biographie Yasuke, le samouraï noir (Owen Publishing, mars 2018). J’ai creusé la piste en m’appuyant sur des historiens, des ethnologues, des spécialistes de l’Inde et du Japon. »

« Dévisagé comme une bête curieuse »
Yasuke est né sur l’île de Mozambique, au large du pays du même nom, dans les années 1530 ou 1540. Comme tous les membres de la communauté makua à laquelle il appartient, il pêche et chasse avec dextérité. C’est en recherchant la trace d’un lion blessé par sa sagaie qu’il est capturé par des trafiquants d’esclaves. Le jeune homme est alors arraché à son île.

« L’un des deux marins s’empare de lui et l’entraîne brutalement sous les ponts où s’amassent un tas d’hommes noirs, enchaînés les uns aux autres, prostrés, accablés, découragés, peut-on lire dans la biographie. Yasuke est effrayé par ce tableau et saisi par l’odeur nauséabonde qui se dégage du lieu. C’est un mélange répugnant d’urine, de selles et de sueur. L’air est irrespirable. » La traversée jusqu’à Goa, en Inde, un port portugais à l’époque, va durer un mois et quelques jours.

Arrivée au XVIIe siècle de bateaux étrangers à Nagasaki, ville japonaise située sur la côte nord-ouest de l’île de Kyushu. CC 2.0
Arrivée au XVIIe siècle de bateaux étrangers à Nagasaki, ville japonaise située sur la côte nord-ouest de l’île de Kyushu. CC 2.0
Yasuke est conduit sous bonne escorte à un endroit baptisé Leilao, qui signifie « enchères ». « Il enrage de se voir dévisagé comme une bête curieuse, écrit Serge Bilé. Il maudit tous ces gens pour leur indépendance. Ils l’ont palpé de haut en bas. Ils ont également tâté le sexe et les seins de la femme à côté de lui. Quoi de plus normal à leurs yeux ? Les esclaves sont leur “chose” et ils s’accordent le droit, avant d’enchérir, de vérifier la marchandise. »

Le jeune Africain est acheté par un gentilhomme et conduit jusqu’à une bâtisse appartenant à des jésuites. Son travail va alors consister à aller chercher toute la journée de l’eau à une source et à la ramener dans de grandes cruches. La tâche n’est pas épuisante, mais elle est répétitive et dévolue aux femmes chez les Makua, ce que Yasuke ressent comme une humiliation. Les mois s’enchaînent, il souffre de l’exil et du déracinement. « Il songe au suicide mais ne veut pas s’y résoudre. Pour sa maman, pour la revoir, il est prêt à vivre et il est prêt à tout. »

Un voyage de près de deux ans
Le 6 septembre 1574, son destin bascule une nouvelle fois après le débarquement de quarante-quatre ecclésiastiques à Goa. Parmi eux se trouve Alessandro Valignano, un prêtre élégant chargé d’inspecter les missions jésuites de sa juridiction. Après plusieurs mois, ce dernier décide de poursuivre son travail au Japon. Il cherche un homme puissant et fort pour le servir et assurer sa protection. Il choisit Yasuke. Le 20 septembre 1577, les deux hommes embarquent pour un voyage qui durera près de deux ans. Après des escales à Malacca, l’actuelle Malaisie, et Macao (Chine), ils arrivent au Japon le 25 juillet 1579.

Le prêtre jésuite Alessandro Valignano. CC 2.0
Le prêtre jésuite Alessandro Valignano. CC 2.0
Sur l’île de Kyushu, le siège de la mission jésuite se situe dans la petite localité d’Arima, à quelques encablures de Nagasaki. Au pays du Soleil-Levant, la vue de cet homme à la peau noire provoque l’hystérie de la population. « Ils aiment voir les Noirs, spécialement les Africains, écrit à l’époque le père Organtino Gnecchi-Soldo. Les Japonais sont même prêts à parcourir une centaine de kilomètres rien que pour les voir et se distraire en leur compagnie pendant trois ou quatre jours. » L’idée d’exhiber un esclave africain pour en tirer profit et gagner de l’argent est courante chez les prêtres jésuites.

Le 8 mars 1581, Yasuke et Alessandro Valignano quittent l’île de Kyushu pour Kyoto, où règne Oda Nobunaga, un puissant seigneur de guerre. Lorsqu’il rencontre le jeune Makua, le daimyo (gouverneur de province) est subjugué par sa force, sa taille (plus de 1,90 m), son intelligence, qui lui a notamment permis d’apprendre le japonais, et sa peau. Au point de lui faire prendre un bain pour vérifier si le noir est bien sa couleur naturelle. Pris d’empathie pour Yasuke, Oda Nobunaga demande à Alessandro Valignano, qui doit quitter le Japon, de laisser son serviteur auprès de lui. Le jésuite accepte.

Le jeune esclave est vite libéré et élevé au rang de samouraï. En devenant l’un des gardes du corps du seigneur de guerre, Yasuke entre dans son premier cercle. En plus des deux sabres qu’il a le droit de porter, le Japonais lui confie sa propre lance.

« C’est un privilège exceptionnel pour l’époque, écrit Serge Bilé. Seuls les guerriers ont le droit de porter ces deux sabres en même temps. C’est dire la confiance que Nobunaga place en Yasuke. Pour le jeune Makua, c’est le rêve d’une vie qui se réalise. Il est le premier étranger à porter les attributs des célèbres chevaliers nippons. Personne avant lui, pas même un Européen, n’avait eu cet honneur ! » Il se voit aussi offrir une maison et même la fille adoptive du seigneur de guerre comme épouse.

« Yasuke n’est pas un homme »
Yasuke devient un guerrier. Il en est fier et heureux. En 1582, il s’illustre lors de la bataille de Tenmokuzan livrée contre Takeda Katsuyori, un autre seigneur de guerre, grand rival d’Oda Nobunaga. La victoire est belle, Yasuke savoure. Mais sa proximité avec le grand seigneur suscite des jalousies dans la province.

Parmi les plus envieux, Akechi Mitsuhide, qui accuse Oda Nobunaga d’être responsable de la mort de sa mère. Il rassemble des hommes et lance une attaque contre le seigneur, qui se retrouve vite en infériorité numérique. Plutôt que de se rendre, le daimyo se fait hara-kiri sous les yeux de Yasuke, qui n’a pas le courage de s’enfoncer un sabre dans le ventre. Lui préfère mourir au combat. Alors il prend ses armes et part se battre, mais il est arrêté.

Il aura la vie sauve. Dans une lettre écrite le 5 novembre 1582, le père Luis Frois écrit : « Pour Akechi Mitsuhide, Yasuke n’est pas un homme, c’est un animal. Il n’est donc pas la peine de le tuer. Il faut le renvoyer en Inde chez les prêtres. »

Le premier samouraï étranger est-il retourné à Goa ? En Afrique ? Sa trace se perd dans les limbes de l’histoire. « Il est aujourd’hui impossible de connaître la fin de Yasuke, explique Julien Peltier, auteur de Samouraïs, dix destins incroyables (éd. Prisma, 2016). Yasuke était un homme respecté et on peut aussi envisager qu’il soit resté au Japon. Mais c’est spéculatif. »

La fin de l’histoire est-elle importante après une vie aussi riche ? « Pas vraiment, même si on préférerait évidemment savoir », répond Anne-Sophie Omgba, directrice de Subsahara Group, la société qui organise l’exposition de Yaoundé : « Nous rendons hommage à Yasuke parce qu’il était un esclave africain et qu’il est devenu un héros. »

Source : Le Monde, par Pierre Lepidi


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