L'autorité préfectorale a réuni toutes les têtes couronnées en un seul lieu, malgré la lourde logistique qu'impose le déplacement de tels dignitaires pour un enjeux important : repenser l'avenir social et administratif d'Adiaké. Le cœur du discours préfectoral a donc porté sur une vision novatrice de la fonction de chef. Pour le Préfet, la légitimité naturelle, issue du choix des populations selon les us et coutumes, ne peut plus faire l'économie d'une « légitimité juridico-administrative ». C'est l'arrêté de nomination qui vient désormais « cristalliser » le choix des populations, conférant ainsi au chef la plénitude de ses pouvoirs et la protection de la loi. S'appuyant sur les lois n°2014-428 et n°2014-451 du 05 août 2014, le Préfet a rappelé que le chef de village est la « première autorité » de sa localité. Ses missions sont régaliennes : police, assainissement, salubrité et règlement de conflits.
Mais ce pouvoir s'accompagne d'un triptyque d'obligations non négociables : une gestion inclusive, une moralité irréprochable et, surtout, une obligation de redevabilité. « Un chef doit rendre compte », a martelé l'autorité administrative face aux dérives des gestions solitaires ou familiales. Le Préfet d'Adiaké n'a pas éludé les zones d'ombre. Pointant du doigt certains villages en proie aux contestations successorales. Sur ce point, il a fustigé l'influence néfaste de certains cadres tentant de s'approprier l'instance coutumière. « Je dis non », a-t-il lancé avec fermeté, rappelant que les matières successorales sont désormais strictement légiférées.racines.
Pour l'année à venir, le Préfet a dévoilé une feuille de route ambitieuse déclinée en quatre chantiers majeurs : La régularisation administrative, la prise d'arrêtés de nomination pour tous les chefs qui n'en disposent pas, dès lors que les conflits locaux seront apaisés, la transparence démocratique, la conduite objective de consultations populaires sous l'égide des Sous-Préfets ou du Maire, le renforcement des capacités à travers une formation accrue des chefs sur leurs droits, obligations et leur rôle de bâtisseurs de cohésion. Enfin, l'instauration de rencontres périodiques pour faire le point sur la vie et le développement des villages.
En clôturant cette séance de travail qu'il a voulu « participative et constructive », le Préfet Koffi Yao Kan Claude ne s'est pas contenté de gérer un territoire ; il a proposé un nouveau contrat social. En unissant la force de la loi au prestige de la tradition, Adiaké se positionne désormais comme le laboratoire d'une Côte d'Ivoire où le développement commence par la stabilité et la transparence de ses
Norbert Nkaka ( Coll. Sylvère Bossiéhi)
















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