CAN 2025 : Le Sénégal s’installe sur le toit de l’Afrique après une finale irrespirable face au Maroc
Rabat, 19 janvier 2026 – Par Guy Martial, envoyé spécial au Maroc pour Abidjan4all.net & Télé4all
Une première période intense et équilibrée
Dès les premières minutes, la finale de la 35ᵉ édition de la CAN a affiché son niveau d’exigence. Le Sénégal a montré ses intentions très tôt, avec une première alerte signée Lamine Sarr, dont la tête est détournée par un Yassine Bounou vigilant.
Les Lions de la Teranga se sont ensuite offert la plus grosse occasion de la première période. À la 37ᵉ minute, Iliman Ndiaye, parfaitement servi sur le côté droit, se présente seul face à Bounou. Le gardien marocain remporte son duel et maintient les siens à flot.
Le Maroc, loin de subir, répond dans la foulée. Sur un centre d’Abdessamad Ezzalzouli, Nayef Aguerd, idéalement placé dans les six mètres, manque sa reprise de la tête. Juste avant la pause, une contre-attaque sénégalaise menée par Nicolas Jackson, qui lance Sadio Mané, est stoppée in extremis par un retour défensif marocain. Le score reste nul et vierge à la mi-temps, reflet d’un affrontement serré et engagé.
Une seconde période sous haute tension
Le rythme ne faiblit pas au retour des vestiaires, mais la rencontre bascule dans une autre dimension à l’approche du dernier quart d’heure. À la 84ᵉ minute, le Sénégal croit ouvrir le score sur corner, avant de voir son but annulé pour une faute offensive sur Achraf Hakimi. Une décision qui suscite l’incompréhension, d’autant plus que la VAR n’est pas sollicitée.
Quelques minutes plus tard, la tension atteint son paroxysme. Sur un corner marocain, un contact dans la surface sur Brahim Díaz conduit cette fois l’arbitre à consulter la VAR et à accorder un penalty au Maroc. Ce coup de sifflet déclenche une scène rarissime : le staff sénégalais ordonne à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre ce qu’il estime être une injustice.
Dans une atmosphère électrique, la confusion gagne les tribunes. Des heurts éclatent entre supporters sénégalais et forces de l’ordre. Sur la pelouse, Sadio Mané, seul joueur resté sur le terrain, échange avec d’anciennes figures du football africain avant de convaincre ses coéquipiers de reprendre la rencontre.
Le moment clé et la délivrance sénégalaise
Le tournant psychologique intervient sur l’exécution du penalty. Brahim Díaz tente une panenka, parfaitement lue et captée par Édouard Mendy, qui fait exploser le banc sénégalais. Le Maroc vient de laisser passer une occasion en or.
Dès l’entame de la prolongation, le Sénégal frappe. À la 94ᵉ minute, Pape Gueye surgit et envoie une frappe précise qui trompe Bounou, glaçant le stade de Rabat. Réduits à dix après la blessure d’Ighamane, les Lions de l’Atlas, privés de changements, ne parviendront pas à revenir.
Le rêve marocain d’un sacre à domicile, près de cinquante ans après celui de 1976, s’éteint dans la douleur.
Un sacre qui confirme la suprématie sénégalaise
Grâce à ce succès, le Sénégal ajoute une deuxième étoile à son palmarès, confirmant son statut de référence du football africain contemporain. Une victoire acquise dans l’adversité, symbole d’une équipe capable de résister à la pression, aux polémiques et à l’hostilité d’un stade acquis à la cause adverse.
La CAN 2025 s’achève également sur plusieurs distinctions individuelles :
• Brahim Díaz, meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations,
• Yassine Bounou, élu meilleur gardien de la compétition avec seulement deux buts encaissés,
• Sadio Mané, désigné meilleur joueur du tournoi pour ce qui restera sa dernière Coupe d’Afrique des Nations,
• et enfin le Maroc, récompensé par le trophée du fair-play.
Une finale intense, disputée, parfois chaotique, mais qui restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire récente de la CAN.














Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager










