Rabat, 19 janvier 2026 – Par Guy Martial, envoyé spécial au Maroc pour Abidjan4all.net & Télé4all
Un but mémorable et une victoire historique
Dans une rencontre longtemps verrouillée, c’est finalement en tout début de prolongation que Pape Gueye a libéré son pays, d’une frappe puissante qui a trompé le gardien marocain Yassine Bounou et fait basculer le destin de cette finale. Ce geste d’éclat restera dans les mémoires comme l’instant clé d’un match d’une rare intensité.
Une fin de match sous tension
Ce qui aurait pu être une simple finale de CAN s’est transformé en scénario digne d’un film dramatique. À la 90ᵉ minute, après une longue consultation du système VAR, l’arbitre a accordé un pénalty controversé au Maroc pour une faute sifflée dans la surface sénégalaise. La décision a immédiatement déclenché une vive protestation côté sénégalais : les joueurs ont quitté le terrain sous la houlette de leur sélectionneur Pape Thiaw, refusant de poursuivre le match dans ces conditions.
Après près d’un quart d’heure de confusion, les discussions ont finalement permis la reprise du jeu. Brahim Díaz, désigné pour tirer le pénalty, a opté pour une Panenka mal exécutée, et son tir a été capté sans trembler par le gardien sénégalais Édouard Mendy. Une scène qui a fait basculer le momentum et qui restera un moment marquant de cette finale.
Une rencontre marquée par de forts enjeux émotionnels
Tout au long du match, les deux équipes ont livré un combat rude et équilibré, avec des occasions de part et d’autre mais une défense sénégalaise particulièrement solide. Les Lions de l’Atlas, poussés par un public passionné, ont dominé certaines phases, mais n’ont pas su concrétiser leurs opportunités, malgré plusieurs tentatives dangereuses.
La tension n’a pas semblé se limiter au terrain. Dans les tribunes et autour du stade, des scènes confuses ont éclaté, notamment entre supporters sénégalais et agents de sécurité, nécessitant l’intervention de la police pour rétablir l’ordre, tandis que les débats sur l’arbitrage alimentaient des commentaires passionnés sur les réseaux sociaux.
Enseignements d’une finale bouleversante
Cette finale de la CAN 2025 livre plusieurs enseignements pour le football africain :
1. Le Sénégal confirme sa place au sommet
Avec cette victoire, les Lions de la Teranga s’imposent comme l’une des nations les plus constantes du continent, remportant leur deuxième étoile africaine après leur sacre en 2021. La capacité à rester solides dans les moments cruciaux, à gérer les phases décisives et à convertir une occasion en but ont fait la différence.
2. Le rôle de la VAR, entre aide et polémique
L’intervention de l’assistance vidéo dans les dernières minutes du temps réglementaire a eu un impact considérable sur le déroulement de la rencontre. Si la technologie vise à réduire les erreurs humaines, son usage dans ce contexte a suscité une forte controverse, mettant en lumière la nécessité d’une communication plus claire et d’une application plus consensuelle des décisions arbitrales à ce niveau.
3. Mentalité et maîtrise émotionnelle
Le comportement des joueurs sénégalais face à l’adversité, notamment la capacité à revenir sur le terrain après une protestation collective, illustre un mental compétitif fort, essentiel dans les compétitions à élimination directe. Dans le même temps, la frustration marocaine, palpable après l’échec du pénalty et la défaite, témoigne de la pression énorme pesant sur les épaules d’une équipe hôte à domicile.
4. Un théâtre d’émotions intenses
Au-delà du résultat, cette finale restera dans les annales pour ses scènes dramatiques, ses retournements d’humeur et sa tension permanente. Elle illustre combien le football africain peut être passionné, imprévisible et profondément humain, parfois dans ses moments les plus beaux comme dans ses instants les plus tendus.
Le Sénégal est désormais champion d’Afrique 2025, auréolé d’un titre forgé dans l’intensité, la résilience et l’émotion. Cette finale restera l’une des plus discutées de l’histoire de la CAN, non seulement pour le score, mais aussi pour les événements qui l’ont jalonnée. Pour le Maroc, ce revers à domicile reste une lourde déception après un tournoi accompli, mais il porte aussi l’espoir d’un retour encore plus fort dans les années à venir.















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