Trente-cinq ans. C'est le temps qu'il a fallu à l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), fondée en 1991, pour élire sa première présidente. Ce dimanche 7 juin 2026, à la Maison de la Presse d'Abidjan-Plateau, Marie-Laure N'Goran a écrit une page d'histoire en remportant le scrutin du 12e congrès électif avec 244 voix sur 408 votants, soit 59,80 % des suffrages exprimés. Face à elle, Stéphane Bahi, journaliste à L'Éléphant Déchaîné, en a récolté 161, avec trois bulletins nuls.
La victoire est nette. Elle tranche — pas seulement sur le score, mais aussi sur ce qu'elle représente. Marie-Laure N'Goran n'est pas une inconnue dans le paysage médiatique ivoirien. Présentatrice du journal télévisé de 20 heures sur RTI 1, la chaîne phare de la radiotélévision publique nationale, son visage est familier à des millions d'Ivoiriens. Son élection à la présidence de l'UNJCI fait résonner deux signaux forts : l'affirmation du leadership féminin dans un secteur longtemps dominé par les hommes, et la volonté de refondation d'une organisation sortant d'une longue période de crise.
Du 12e congrès retardé à la victoire historique
Le 4 juin, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait réuni en son cabinet les membres du comité ad hoc et les deux candidats déclarés — Stéphane Bahi et Marie-Laure N'Goran — pour une médiation de dernière chance. Cette intervention gouvernementale, présentée comme une démarche d'apaisement, avait permis de franchir les derniers points de blocage et d'ouvrir le congrès comme prévu les 6 et 7 juin.
— Marie-Laure N'Goran · Après son élection à l'UNJCI, 7 juin 2026
Ce que cette victoire dit du journalisme ivoirien
À ses côtés, Étienne Atta a été élu président du conseil d'administration — complétant un duo dirigeant qui devra maintenant transformer les promesses du congrès en réformes concrètes. La modernisation des textes statutaires, la réconciliation entre les différentes tendances de la profession, la défense des journalistes précaires et indépendants, la lutte contre les pressions sur la liberté de la presse — la liste est longue. Mais pour la première fois depuis des années, l'UNJCI dispose d'une direction élue sans contestation majeure, dans un cadre légitimé par la transparence du scrutin.














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