Il y avait quelque chose de presque romanesque dans l'air du Lincoln Financial Field, ce dimanche soir. Dans une enceinte de 70 000 places massivement acquise à la cause équatorienne, un véritable océan de jaune, les Éléphants de Côte d'Ivoire ont dû puiser au plus profond de leurs ressources pour arracher ce que les statistiques ne leur promettaient pas : la victoire.
Dès le coup d'envoi, la Côte d'Ivoire a subi. L'Équateur, finaliste des qualifications sud-américaines derrière l'Argentine et auteur d'une série de dix-neuf matchs sans défaite, a affiché ses ambitions d'entrée. Les attaquants équatoriens Yeboah Zamora et Alan Minda ont multiplié les tentatives, touchant chacun la barre transversale lors de la première période. Le gardien ivoirien Yahia Fofana, vigilant et décisif, a sauvé les meubles à plusieurs reprises, empêchant ce qui aurait pu être un désastre précoce.
À la mi-temps, le constat était sévère : les hommes du sélectionneur Emerse Faé avaient certes tenu, mais produit peu. Le collectif équatorien, organisé autour du dynamisme de Moisés Caicedo et de l'expérience d'Enner Valencia, avait dominé les débats. Le stade, lui, rugissait pour la Tri.
Ce que le football a de merveilleux, c'est qu'il se joue en deux actes. Dès la reprise, la Côte d'Ivoire a semblé s'éveiller. Les entrants, dont Amad Diallo, l'ailier de Manchester United introduit à l'heure de jeu à la place d'un Bazoumana Touré peu incisif, ont immédiatement apporté de la vivacité sur les couloirs. La défense ivoirienne, elle, s'est resserrée avec autorité.
« À la 89e minute, sur un centre en force de Wilfried Singo, Amad Diallo a surgi et dévié du pied gauche pour offrir à la Côte d'Ivoire le but de la victoire. »
La délivrance est venue dans les dernières secondes du temps réglementaire. Sur un boulevard ouvert à droite, Wilfried Singo s'est projeté et a centré en force. Amad Diallo, arrivé lancé, a dévié du pied gauche à l'entrée de la surface (89e, 1-0). Mouvement parfait, placement chirurgical, résultat historique.
Cette victoire au forceps revêt une portée qui dépasse le simple résultat sportif. Absente de la Coupe du monde depuis Brésil 2014, la Côte d'Ivoire réalise avec cette victoire un retour tonitruant sur la scène mondiale. Douze ans d'absence, deux titres continentaux en poche (2015 et 2024), les Éléphants reviennent avec la maturité d'une génération en pleine confiance.
Avec ces trois points, la sélection ivoirienne rejoint l'Allemagne en tête du groupe E. La Mannschaft avait, quelques heures plus tôt, écrasé Curaçao 7-1 dans un match à sens unique. Cette co-leadership fleure bon, mais rappelle aussi l'ampleur du défi à venir : affronter la Nationalmannschaft lors du prochain match de poules sera une toute autre histoire. On ne dira jamais assez le rôle d'Emerse Faé dans cette aventure. Le sélectionneur ivoirien, nommé dans l'urgence en 2024 au plus fort de la CAN organisée en Côte d'Ivoire, a su construire un groupe soudé et une identité de jeu basée sur la solidité défensive et les transitions rapides. Sa capacité à faire les bons choix tactiques en cours de match, dont l'entrée décisive d'Amad Diallo, illustre un calme et une lisibilité rare sur les bancs africains.
À Abidjan comme dans les rues de San Pedro, de Bouaké ou de Yamoussoukro, la nuit de dimanche à lundi a été celle de la célébration. Les klaxons ont retenti, les drapeaux orange ont flotté aux fenêtres des voitures, et les réseaux sociaux se sont enflammés. La Côte d'Ivoire a retrouvé sa place au firmament du football mondial. Et si ce n'était que le début ?
À Abidjan comme dans les rues de San Pedro, de Bouaké ou de Yamoussoukro, la nuit de dimanche à lundi a été celle de la célébration. Les klaxons ont retenti, les drapeaux orange ont flotté aux fenêtres des voitures, et les réseaux sociaux se sont enflammés. La Côte d'Ivoire a retrouvé sa place au firmament du football mondial. Et si ce n'était que le début ?
Prochain match : Côte d'Ivoire – Allemagne (groupe E, date à confirmer). Un choc au sommet qui s'annonce comme le véritable test de cette génération d'Éléphants.
AP
Ange Pascal — Rédaction Abidjan4All.netJournaliste















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