Les routes sont elles devenues des cimetières à ciel ouvert et des véhicules, des cercueils roulants? L'on est tenté de souscrire à cette métaphore, tant les accidents de la circulation sont devenus récurrents. Ils meublent presque notre quotidien désormais. Pas un jour sans accident. Le constat est clair. En effet, dans le cadre de l'opération "Stop à l'incivisme sur les routes " initiée par la Dgttc qui abat un travail titanesque sur le terrain, un bilan provisoire des accidents et drames sur nos routes durant ces derniers mois de la l'année 2026, c'est à dire de janvier à février seulement, fait état de 519 accidents de la circulation, causant la mort de 164 personnes et faisant 1934 blessés sans compter les nombreux dégâts matériels que l'on pourrait estimer à plusieurs centaines de millions de nos francs.
Un calcul euclidien donne environs 11 accidents de la circulation avec 3 morts et pratiquement 40 blessés par jour. Même un État en guerre ne saurait dresser un bilan aussi désastreux. De l'autoroute du Nord aux pistes rurales en passant par les routes secondaires reliant plusieurs villes de l'intérieur notamment la Côtière (Abidjan-SanPedro), Abidjan-Bouna, Abidjan-Aboisso, Gagnoa-Soubré, Yamoussoukro- Man-Odienné, Bouaké-Katiola-Korhogo..., toutes sont devenues accidentogènes et mortelles. Enfants, jeunes, femmes, paysans, fonctionnaires, commerçants, élèves, étudiants sont désormais des potentielles victimes de cette prolifération des accidents sur nos routes. "Les accidents de la route font désormais partie des épidémies car ils tuent plus que les maladies comme le choléra et le paludisme tant décriés ", ironise un conducteur.
Les causes de ces accidents mortels sont multiples : imprudence, consommation de l'alcool, insomnie, téléphone au volant, excès de vitesse, non respect du code de la route, surcharge, défaillances mécaniques, vétusté des engins, non port de casque pour les motocyclistes.... Face à un bilan aussi tragique, une question vient à l'esprit. À quoi servent alors les Vidéo-verbalisateurs ou radars ? De simple objets pour décorer nos routes ? Que font nos policiers et gendarmes pourtant déployés en grand nombre sur les différents axes? Font ils véritablement le travail de sensibilisation et de répression ? Car l'on comprend difficilement que l'État de Côte d'Ivoire déploie autant de moyens financiers et autant d'infrastructures dans le cadre du transport pour un bilan aussi catastrophique en moins de deux mois. Il est temps que les responsables des transports innovent en durcissant les contraventions et les sanctions, notamment la tolérance zéro en matière de civisme sur les routes, un contrôle rigoureux de l'état mécanique des véhicules destinés au transport des usagers mais surtout le port des casques pour les conducteurs de motocyclettes. L'opération " Stop à l'incivisme sur les routes" ne doit pas constituer un simple slogan flatteur ou une simple action d'éclat. Elle doit servir de baromètre de civisme routier et de sensibilisation afin de conscientiser les usagers sur le rôle à jouer pour éviter la route ne se transforme en "gigantesque fosse commune" qui nous guette chaque jour.
Norbert Nkaka
















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