Kambou Adjoumani, le présumé tueur en série dans les filets de la gendarmerie
Les villageois de Brou Akpahoussou et de Yobouessou dans le département de Bougouanou ( région du Moronou), quoique consternés, peuvent enfin pousser un ouf de soulagement. Et pour cause, celui qui semait la terreur et le désastre dans la localité depuis le début du mois de juin, a été mis hors d'état de nuire. Ils peuvent passer désormais des nuits tranquilles et vaquer sainement à leurs occupations champêtres. Grâce à la gendarmerie nationale qui a déployé un escadron dans la zone incriminée pour une battue a fini par débusquer le présumé criminel, un planteur répondant au nom de Kambou Adjoumani, d'origine burkinabé.
Mais cette capture du tueur en série Kambou Adjoumani ne s'est pas opérée comme un couteau dans du beurre. Elle a été surtout le fruit d'un acte synchronisé entre les jeunes de Yobouessou et les éléments de la gendarmerie nationale venus en appui grâce à leur expertise et leur détermination. En effet, suite au deuxième meurtre commis sur la septuagénaire Aman Zibla Thérèse ( 71 ans) alors que celle-ci revenait du champ, les jeunes du village entreprennent de boucler toutes les issues. Désormais toutes les voies d'accès sont barricadées et strictement surveillées ce jour là. Aussi toutes les activités champêtres sont elles suspendues. Ces jeunes étant convaincus que le criminel séjourne encore dans le périmètre notamment dans la grande forêt qui jouxte leur village. Arrive alors la gendarmerie nationale qui entreprend une battue, le même samedi 6 juin. L'opération fut longue et harrassante dans la forêt de Yobouessou jusqu'au village voisin de Bénéné. Selon des sources, il est environ 2 heures du matin le dimanche 7 juin, lorsque le criminel est débusqué de sa hutte de fortune dans laquelle il sombrait dans un sommeil réparateur. Tétanisé par le crépitement de tirs de sommation, le tueur en série se met vite à table.
A t il agit seul ou en complicité avec d'autres criminels encore en cavale ? Kambou Adjoumani jouit il de toutes ses facultés mentales pour commettre de telles atrocités ? Était il sous l'effet de produits psychotropes ? Qu'est ce qui l'a poussé à entreprendre ce double homicide ? Ce sont autant d'interrogations qui motivent les forces de l'ordre suite à l'enquête ouverte à cet effet.
Retenons que le 3 juin, les populations de Brou Akpahoussou ont été secouées au petit matin par une découverte macabre. Le corps d'un jeune orpailleur gisait non loin du village. Mais l'horreur, c'est que la tête de la victime est emportée. Comme une traînée de poudre, le drame inqualifiable fait le tour des contrées voisines. Mais à peine 48 h après ce crime odieux qu'un autre tout aussi crapuleux survient dans le village voisin de Yobouessou, presque dans les conditions similaires. Dame Aman Zibla Thérèse (71 ans), de retour du champ, est décapitée, sa tête également emportée. Ce crime de trop et en espace de 48 heures dans le même périmètre, achève de semer le spectre au sein des populations. Certains villageois étaient même sur le point de déserter la zone. Mais les jeunes de Yobouessou font bloc-équipe autour de leur village. Leur promptitude, leur détermination, leur sens de responsabilité et leur courage ont payé. Surtout avec l'appui des forces républicaines. Adjoumani Kambou, le présumé tueur en série devra répondre de ses actes.
Mais il convient de faire remarquer que l'acte posé par le planteur Kambou Adjoumani serait loin d'un acte isolé car il fait ressortir le phénomène de l'orpaillage illégal tant décrié. Ce phénomène très répandu dans le département de Bongouanou serait à l'origine de nombreux conflit d'autant que les chercheurs de la pierre précieuse détruisent souvent les plantations, fruits des décennies de labeur de certains paysans. Une enquête minutieuse pourrait nous situer sur les motivations réelles de l'auteur de ce double homicide. Comme on le dit souvent, rien ne peut justifier un crime.
Norbert Nkaka ( Source : afriksoir)














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