La Cour d'appel d'Abidjan a ordonné le 6 juillet 2026 la mise en liberté provisoire du cyberactiviste Ibrahim Zigui, après dix mois de détention
Il avait passé dix mois derrière les barreaux du Pôle pénitentiaire d'Abidjan pour avoir publié une vidéo sur TikTok. Ce lundi 6 juillet 2026, Ibrahim Zigui a retrouvé la liberté — provisoirement, car la procédure d'appel suit son cours. Mais sa sortie de la MACA, annoncée par son conseil Me Ange Rodrigue Dadjé avec des mots de gratitude envers « les autorités ivoiriennes et la justice pour leur clémence », a résonné bien au-delà du simple fait judiciaire. Elle s'est imposée comme l'événement politique et symbolique le plus commenté de ce début juillet 2026 en Côte d'Ivoire.
Du maillot des Éléphants à cinq ans de prison : retour sur une affaire d'État
L'affaire Ibrahim Zigui a commencé fin août 2025 avec une vidéo anodine en apparence. Le cyberactiviste, suivi par quelque 600 000 abonnés sur TikTok et plus de 250 000 sur Facebook, avait invité ses abonnés à « sortir vêtus du maillot de l'équipe nationale » le jour où le Conseil constitutionnel publierait la liste définitive des candidats à l'élection présidentielle d'octobre 2025. Une initiative présentée comme pacifique et symbolique — mais interprétée par les autorités comme un appel à un rassemblement non autorisé à forte charge politique, dans un contexte de tension extrême marqué par l'exclusion de Laurent Gbagbo et d'autres figures de l'opposition de la course électorale.
Sympathisant du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) et connu pour ses prises de position en faveur de l'ancien président Laurent Gbagbo, Ibrahim Zigui s'était imposé ces dernières années comme l'une des figures les plus suivies de la cybermilitance politique en Côte d'Ivoire, notamment sur TikTok et Facebook. Son arrestation en septembre 2025, qualifiée d'« enlèvement » par sa famille et son premier avocat qui avaient porté plainte, avait provoqué une vague d'indignation dans les milieux de défense des droits numériques.
Sympathisant du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) et connu pour ses prises de position en faveur de l'ancien président Laurent Gbagbo, Ibrahim Zigui s'était imposé ces dernières années comme l'une des figures les plus suivies de la cybermilitance politique en Côte d'Ivoire, notamment sur TikTok et Facebook. Son arrestation en septembre 2025, qualifiée d'« enlèvement » par sa famille et son premier avocat qui avaient porté plainte, avait provoqué une vague d'indignation dans les milieux de défense des droits numériques.
Condamné à cinq ans, il avait présenté des excuses publiques
L'activiste avait été condamné le 18 mai 2026 par le tribunal de première instance à une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d'une amende de 20 millions FCFA, pour « provocation à l'insurrection » et « troubles à l'ordre public ». Entre-temps, une démarche inhabituelle avait été entreprise : par l'intermédiaire de ses avocats, Ibrahim Zigui avait adressé des excuses publiques au Conseil constitutionnel et à sa présidente Chantal Nanaba Camara. Une démarche qui n'avait pas infléchi le verdict de première instance, mais qui dit quelque chose sur la pression subie par l'intéressé et sur les négociations en coulisses.
Lors de son meeting de Songon le 16 mai 2026, Laurent Gbagbo avait publiquement pris la défense de son sympathisant : « Qu'est-ce qu'on lui reproche exactement ? Va-t-il faire un coup d'État avec les réseaux sociaux ? Non ! » Cette sortie de l'ancien chef de l'État avait amplifié l'écho politique de l'affaire bien au-delà du seul cas personnel du cyberactiviste.
Lors de son meeting de Songon le 16 mai 2026, Laurent Gbagbo avait publiquement pris la défense de son sympathisant : « Qu'est-ce qu'on lui reproche exactement ? Va-t-il faire un coup d'État avec les réseaux sociaux ? Non ! » Cette sortie de l'ancien chef de l'État avait amplifié l'écho politique de l'affaire bien au-delà du seul cas personnel du cyberactiviste.
« La Cour d'Appel d'Abidjan vient d'ordonner la mise en liberté provisoire du jeune Ibrahim Zigui. Merci aux autorités ivoiriennes et à la justice pour leur clémence. »
— Me Ange Rodrigue Dadjé, avocat d'Ibrahim Zigui · 6 juillet 2026
— Me Ange Rodrigue Dadjé, avocat d'Ibrahim Zigui · 6 juillet 2026
Deux libérations en un jour : un geste d'apaisement coordonné ?
La Cour d'appel d'Abidjan a ordonné, ce lundi 6 juillet, la mise en liberté provisoire de Moïse Lida Kouassi, cadre du PPA-CI et ancien ministre de la Défense, ainsi que d'Ibrahim Zigui, cyberactiviste proche de cette formation politique. Cette décision met fin à plusieurs mois de détention pour les deux hommes, dont les dossiers étaient suivis de près par le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI), qui réclamait leur libération.
La simultanéité de ces deux libérations est trop évidente pour être fortuite. Elle intervient par ailleurs quelques semaines après celle de Gala Kobéi, autre militant du PPA-CI, et est perçue comme un nouveau geste d'apaisement dans le contexte politique national. Un contexte lui-même marqué par les déclarations récentes de Laurent Gbagbo affirmant être « ouvert au dialogue » avec le gouvernement d'Alassane Ouattara.
La simultanéité de ces deux libérations est trop évidente pour être fortuite. Elle intervient par ailleurs quelques semaines après celle de Gala Kobéi, autre militant du PPA-CI, et est perçue comme un nouveau geste d'apaisement dans le contexte politique national. Un contexte lui-même marqué par les déclarations récentes de Laurent Gbagbo affirmant être « ouvert au dialogue » avec le gouvernement d'Alassane Ouattara.
L'espace numérique ivoirien : un débat fondamental non résolu
Au-delà de la dimension politique, l'affaire Ibrahim Zigui a cristallisé un débat de fond que la Côte d'Ivoire n'a pas encore tranché : jusqu'où la liberté d'expression numérique peut-elle s'exercer en période électorale ? Où s'arrête le droit à la mobilisation citoyenne et où commence la « provocation à l'insurrection » ? Les réponses que la justice ivoirienne donnera au fond — la procédure d'appel se poursuit — pèseront durablement sur l'espace civique numérique du pays.
L'issue judiciaire finale pèsera sur la lecture que feront les observateurs de la trajectoire ivoirienne à l'approche du scrutin. Elle éclairera aussi la manière dont Abidjan entend articuler impératifs de sécurité informationnelle et garanties offertes aux libertés d'expression en ligne. En attendant, Ibrahim Zigui est libre. Sa liberté est provisoire ; la question qu'incarne son dossier, elle, est permanente.
L'issue judiciaire finale pèsera sur la lecture que feront les observateurs de la trajectoire ivoirienne à l'approche du scrutin. Elle éclairera aussi la manière dont Abidjan entend articuler impératifs de sécurité informationnelle et garanties offertes aux libertés d'expression en ligne. En attendant, Ibrahim Zigui est libre. Sa liberté est provisoire ; la question qu'incarne son dossier, elle, est permanente.
⚖️ Les étapes clés de l'affaire Ibrahim Zigui
Août 2025 : Vidéo TikTok invitant les Ivoiriens à se rassembler le jour de la publication de la liste électorale
1er septembre 2025 : Arrestation à Abidjan — qualifiée d'« enlèvement » par sa famille
Mars 2026 : Excuses publiques adressées au Conseil constitutionnel et à sa présidente
16 mai 2026 : Laurent Gbagbo réclame publiquement sa libération à Songon
18 mai 2026 : Condamné à 5 ans ferme + 20 millions FCFA d'amende (1re instance)
6 juillet 2026 : Liberté provisoire ordonnée par la Cour d'appel d'Abidjan
1er septembre 2025 : Arrestation à Abidjan — qualifiée d'« enlèvement » par sa famille
Mars 2026 : Excuses publiques adressées au Conseil constitutionnel et à sa présidente
16 mai 2026 : Laurent Gbagbo réclame publiquement sa libération à Songon
18 mai 2026 : Condamné à 5 ans ferme + 20 millions FCFA d'amende (1re instance)
6 juillet 2026 : Liberté provisoire ordonnée par la Cour d'appel d'Abidjan
AP
Ange Pascal — Rédaction Abidjan4All.netJournaliste














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