C'est au 127 rue Marcadet, dans le 18ème arrondissement de Paris, que le Réseau des Journalistes Ivoiriens de France (REJIF) a tenu, ce samedi 4 juillet 2026, son assemblée générale élective. Une échéance particulièrement scrutée pour cette jeune structure, née à peine six semaines plus tôt, le 23 mai 2026, dans un contexte marqué par la volonté affichée de ses fondateurs de proposer une alternative structurée à l'organisation historique de la profession, l'Union des Journalistes Ivoiriens de France (UJIF).
Au terme des travaux, le candidat Jean Molière a été porté à la présidence du réseau, devenant ainsi le tout premier titulaire de cette fonction depuis la création de l'association. Le scrutin, disputé face à Armand Iré, s'est soldé par un résultat sans ambiguïté : sur dix-huit votants, Jean Molière a recueilli quatorze voix, contre quatre pour son concurrent, s'assurant une victoire à la majorité absolue dès le premier tour.
Sur les dix-huit membres appelés à se prononcer, neuf étaient physiquement présents dans la salle, tandis que les neuf autres ont exercé leur droit de vote par procuration — un dispositif qui a permis d'associer à la décision des membres éloignés ou empêchés, sans fragiliser la légitimité du processus.
Une organisation méthodique, portée par un comité de pilotage
La tenue de cette assemblée élective n'a rien du hasard. Elle est l'aboutissement de deux mois de préparation conduits par un comité de pilotage dirigé par Jean-Paul Oro, épaulé par quatre autres membres : Blaise Bonsie, Tibet Kipré, Paulin Guesler et Carino Drogba. Une organisation resserrée qui a eu la charge de bâtir, dans un délai contraint, le cadre logistique et financier de la première élection présidentielle du réseau.
Sur le plan financier justement, le comité a fait preuve d'une transparence assumée devant l'assemblée. Le montant global rassemblé s'est élevé à 750 euros, composé des adhésions de six membres (300 euros), des cautions versées par les deux candidats (200 euros au total) et d'un don personnel de 300 euros de Jean-Paul Oro, duquel a été déduite son adhésion de 50 euros. Après imputation des dépenses liées à la logistique de l'assemblée, c'est une somme de 680 euros que le secrétariat du comité, représenté par Tibet Kipré, a officiellement remise au président nouvellement élu, devant l'ensemble des participants.
Les chiffres clés du scrutin
- 18 votants au total (9 présents, 9 par procuration)
- 14 voix pour Jean Molière, contre 4 pour Armand Iré
- Élection à la majorité absolue, dès le premier tour
- 680 € remis au président élu après clôture des comptes de l'assemblée
- Comité de pilotage composé de 5 membres, actif durant 2 mois
Un contexte de recomposition du paysage associatif diasporique
Cette élection s'inscrit dans une séquence plus large de recomposition du champ associatif des journalistes ivoiriens établis en France. Le REJIF avait vu le jour le 23 mai 2026, quelques jours à peine après une assemblée générale extraordinaire mouvementée de l'UJIF, alors en proie à une crise de gouvernance prolongée depuis 2021. Cette dernière avait finalement débouché, le 16 mai 2026, sur l'élection d'Axel Hilary à la présidence de l'Union, dans un climat que plusieurs observateurs avaient qualifié de tendu.
Le contraste entre les deux processus n'a pas échappé aux membres présents à Paris ce samedi : là où l'UJIF a dû composer avec des années de contestation interne, le REJIF affiche, pour son tout premier exercice électoral, une cohésion et une discipline organisationnelle revendiquées comme des marqueurs identitaires. L'assemblée a d'ailleurs tenu à souligner, dans son compte rendu officiel, la « grande satisfaction » et la « fierté collective » des membres à l'issue des travaux.
Quelle feuille de route pour le nouveau président ?
Reste désormais à Jean Molière de transformer cette légitimité électorale en dynamique institutionnelle durable. La création du REJIF avait été portée par une ambition affichée de fédérer davantage les journalistes et acteurs des médias ivoiriens de France, de renforcer l'éthique professionnelle et d'accompagner la mutation numérique du secteur. L'enjeu, pour le nouveau bureau, sera de consolider cette base naissante — dix-huit votants pour une toute jeune structure — tout en trouvant sa place aux côtés d'une UJIF elle aussi engagée dans une phase de refondation.
La liste des présences physiques réunissait, outre le vainqueur et son adversaire, plusieurs figures désormais identifiées comme des piliers de cette nouvelle organisation : Jean-Paul Oro, Tibet Kipré, Blaise Bonsie, Paulin Guesler, Augustin Lobet, Ange De Villiers et Sylvie Koffi. Parmi les votants par procuration figuraient notamment Tidiane Houla, Cherile Oweleo, Franck Toti, Carino Drogba, Flore Djedje, Deschamps Tia, Paul Tia, Taky Bouanzi et Patrice Yali — autant de noms qui dessinent les contours d'un réseau encore jeune, mais dont l'ancrage semble déjà se structurer au-delà du seul cercle fondateur.
Abidjan4all.net suivra avec attention les premières orientations que Jean Molière entend donner à son mandat, dans un paysage médiatique diasporique où la structuration professionnelle demeure un enjeu central pour la crédibilité et la solidarité des journalistes ivoiriens de France.















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