
Le cinéma ivoirien, il faut le dire, fait figure de parent pauvre aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Contrairement à certains pays comme le Nigéria qui fait de l'industrie cinématographique, une préoccupation majeure au point de le hisser à un rang honorable au niveau culturel et touristique, en Côte d'Ivoire, l'univers des salles sombres périclite de façon dangereuse. Cette évanescence du cinéma ivoirien est en partie due à un manque de volonté politique du gouvernement ivoirien. Pourtant les nombreux talents dont on ne pourrait égrener la liste, attendent un petit clin d'oeil du gouvernement pour " exploser ". Le cinéma ivoirien n'est pas au mieux de sa forme, faute de moyens financiers des acteurs, mais surtout faute de soutien de la part de l'État.
Le panel ouvert au cours de Connect-Ci en présence du chef du gouvernement Robert Beugré, était sans doute pour l'auteure du célèbre feuilleton " Ma famille ", Akissi Delta de "marcher un peu sur l'orteil" du premier ministre ivoirien. " Quand on m'invite pour parler d'économie orange, j'ai pensé à l'orange fruit que je mange. C'est ici que j'apprends qu'on parle de culture et de cinéma. Ce que je sais, le cinéma accompagne l'action économique. On néglige cet art. Pourtant il apporte beaucoup. Le cinéma est tout un monde où on trouve tout : les stylistes, les maquilleuses, les couturiers, les modelistes et j'en passe. Le cinéma est créateur d'emplois et un puissant facteur de richesses. Le Nigéria est ouvert sur le monde grâce aux films Ibo qui cartonnent ", a t elle dévoilé.

Parlant d'elle même, Akissi Delta semble lancer un autre défi au premier ministre Beugré Mambé en prenant le public ivoirien à témoin. " Tout le monde a vu le film intitulé "Ma famille". Partout dans la sous-région et même en Europe, Ma famille est l'autre emblème de la Côte d'Ivoire. Certains s'étonnent qu'une femme comme moi, qui ne suis pas allée à l'école, puisse réaliser une telle fresque. En effet, je suis très timide. Je même honte de parler en public mais je sais travailler. Je stresse devant vous mais mettez moi à l'épreuve et vous comprendrez que je ne joue pas avec mon travail ", a t elle interpellé le premier ministre.
Mais au-delà de ce message, c'est tout le monde du cinéma ivoirien qui interpelle le premier ministre et le gouvernement ivoirien afin de jeter un clin d'oeil au niveau du 7 ème art qui se cherche. Comme le dit si bien Akissi Delta, les beaux discours et les grandes promesses que l'on nous sert à longueur de journée ne construisent pas. Mais il faut plutôt donner les moyens afin de mettre les spécialistes à l'oeuvre dans leurs domaines respectifs. Et les ivoiriens qui parlent peu mais qui veulent travailler, on en trouve au cinéma et ailleurs.
Norbert Nkaka